En provenance de régions comme la Corrèze, l'Ardèche, les Charentes, le Puy-de-Dôme ou encore la Loire, un groupe de militants a manifesté mardi dernier à Paris, portant haut et fort la voix des "sans trains" en brandissant leur drapeau à tête de mort, inspiré du célèbre manga "One Piece", devant le jardin du Luxembourg.
Bernard Peuch, représentant du collectif d'usagers pour la défense de la ligne Angoulême-Limoges, fermée depuis 2018, n'hésite pas à marteler : "Le besoin de trains se fait sentir partout en France, pourtant, les petites lignes disparaissent progressivement".
Réunis à proximité du Sénat, ces militants espèrent interpeller les sénateurs qui sont sur le point d'examiner le projet de loi-cadre sur les Transports. Les drapeaux qui les entourent, emblèmes des révoltes de la jeunesse à travers le monde, symbolisent leur lutte pour un meilleur accès aux transports.
"Nous avons demandé un rendez-vous au président du Sénat, Gérard Larcher, mais sans succès", déplore M. Peuch. Le collectif a proposé pas moins de 24 amendements au projet de loi, exigeant des financements d'urgence pour les petites lignes ferroviaires, un plan de régénération ambitieux du réseau et une fiscalité plus favorable au rail.
Ce rassemblement a vu la participation de nombreux acteurs, dont des associatifs, des usagers, des cheminots, ainsi que des figures notables comme Didier Le Reste, ancien leader syndical de la CGT Cheminots et Julien Troccaz, secrétaire général de Sud Rail. Ils ont reçu le soutien de plusieurs sénateurs, notamment la socialiste Nicole Bonnefoy et Jacques Fernique qui représente Les Écologistes du Bas-Rhin.
Tous ces intervenants partagent une préoccupation commune : la survie de leurs lignes de vie, menacées comme celle d'Ussel-Clermont-Ferrand, Clermont-Saint-Etienne, ou Guéret-Felletin, consolidant l'importance de ces connexions dans le Massif-Central.
Marc Gouttebroze, membre du collectif Aurail, qui rassemble une vingtaine d'associations d'Auvergne Rhône-Alpes, souligne quant à lui que "la loi-cadre ne s'intéresse pas à financer ces lignes essentielles".
Les militants insistent sur la nécessité de recréer une liaison directe Bordeaux-Lyon, passant par le centre de la France. Bernard Peuch critique également la nouvelle offre de la SNCF qui propose un parcours au départ de Bordeaux vers Lyon via la banlieue parisienne, alors que la solution idéale serait un trajet linéaire.
Olivier Marvaud, de l'association les 7 sentinelles, basée à La Rochelle et membre du réseau Convergence nationale rail, conclut, "Ce qui nous manque, c’est une vision stratégique et une véritable planification des infrastructures ferroviaires".







