L'Élysée a opposé son refus ce mardi 14 avril à des enquêteurs financiers venus effectuer une perquisition relative à une information judiciaire sur l'attribution de marchés de panthéonisation. La présidence rappelle l'inviolabilité constitutionnelle de ses locaux face à cette investigation.
Dans un communiqué, le procureur financier, Pascal Prache, a précisé que « l'accès aux services de l'Élysée n'a pas été autorisé ». C'est une démarche judiciaire rare, puisque la dernière perquisition ayant eu lieu à l'Élysée remonte à 2018, dans le cadre de l'affaire Benalla, rappelle Le Monde.
Pascal Prache mentionne que les enquêteurs ont été confrontés à « une analyse stipulant que l'article 67 de la Constitution protège l'inviolabilité des locaux présidentiels ». Cependant, l'Élysée a assuré que les documents non liés à l'activité du chef de l'État serait transmis sur demande.
Du Panthéon à Omaha Beach
Les opérations de perquisition, qui ont également touché divers autres lieux y compris des domiciles, s'inscrivent dans le cadre d'une enquête ouverte en octobre dernier sur des plaintes de « favoritisme, prise illégale d’intérêt, corruption et trafic d'influence », a précisé Pascal Prache. Au centre des investigations se trouvent les conditions d'attribution des marchés publics liés à l'organisation des cérémonies de panthéonisation, sans plus de précisions sur l'état du dossier.
Selon Le Canard Enchaîné, l'enquête se concentre sur le choix de la société Shortcut Events pour gérer ces cérémonies depuis plus de 22 ans. Chaque panthéonisation aurait coûté à l'État environ « 2 millions d'euros », d'après l'hebdomadaire satirique. D'autre part, Shortcut Events a aussi été responsable de plusieurs événements, y compris l'anniversaire du Débarquement à Omaha Beach prévu pour juin 2024.
La société, qui a commencé à organiser des cérémonies de panthéonisation en 2002, a souvent remporté les appels d'offres, notamment sous la présidence d'Emmanuel Macron, selon Le Monde. Toutefois, il est notable que pour la cérémonie d'entrée de Robert Badinter en 2025, le Centre des monuments nationaux a attribué le contrat à une autre agence, mettant ainsi fin à cette série de marchés accordés à Shortcut Events.
Il convient de rappeler que, selon l'article 67 de la Constitution de la Ve République, le président ne peut être requis de témoigner ou d'être poursuivi durant son mandat, ce qui complique le déroulement de telles enquêtes. Prache a également signalé qu'une enquête préliminaire avait été lancée en décembre 2023 par le Parquet national financier, actuellement confiée à la Brigade financière et anticorruption (BFAC).







