Mardi, l'Elysée a repoussé des enquêteurs financiers, invoquant "l'inviolabilité" des locaux au cours d'une tentative de perquisition. Cette intervention judiciaire s'inscrit dans le cadre d'une enquête sur l'attribution des cérémonies d'entrée au Panthéon, un sujet hautement sensible.
Pascal Prache, procureur de la République financière, a déclaré dans un communiqué que l'accès aux lieux de travail présidentiels n'avait pas été accepté. De telles procédures au cœur du pouvoir exécutif sont rares, la dernière ayant eu lieu en 2018 dans le cadre de l'affaire Benalla.
Prache a également révélé que les enquêteurs se sont heurtés à une interprétation de l'article 67 de la Constitution, qui affirme l'inviolabilité des locaux liés à la présidence. Les représentants de l'Elysée ont confirmé la présence des enquêteurs, indiquant que les documents nécessaires, liés à des activités non directement liées à la fonction présidentielle, seraient transmis sur demande.
Les perquisitions, visant divers sites, y compris des domiciles, sont le fruit d'une information judiciaire ouverte début octobre pour "favoritisme, prise illégale d'intérêt, corruption et trafic d'influence". L'enquête se concentre particulièrement sur les modalités d'attribution des marchés publics pour les cérémonies de panthéonisation, supervisées par le Centre des monuments nationaux.
Selon Le Canard Enchaîné, qui a d'abord exposé l'affaire, les enquêteurs s'interrogent sur le choix récurrent de la société Shortcut Events pour l'organisation de ces événements prestigieux, qui dure depuis vingt-deux ans. Chaque panthéonisation aurait coûté environ deux millions d'euros à l'État.
Shortcut Events est également impliquée dans l'organisation du 80e anniversaire du Débarquement à Omaha Beach, prévu pour juin 2024. Les succès répétés de cette société dans les appels d'offres ont suscité des rumeurs de favoritisme, notamment en raison de son lien étroit avec la présidence d'Emmanuel Macron.
D'après le quotidien Le Monde, le CMN a attribué récemment un contrat pour une cérémonie d'entrée au Panthéon à une autre agence, mettant ainsi un terme à la mainmise de Shortcut Events sur ces événements. Cette décision semble marquer un tournant dans ce processus longuement critiqué.
En vertu de l'article 67 de la Constitution de la Ve République, le président ne peut être tenu responsable de ses actes durant son mandat, ce qui complique la tâche des enquêteurs. En décembre 2023, le Parquet national financier avait déjà lancé une enquête préliminaire, souligne le procureur Prache. Les investigations sont sous la direction de la Brigade financière et anti-corruption (BFAC) de la police judiciaire parisienne.







