En Haute-Marne, l'abattage d'un loup soulève la colère des éleveurs

L'abattage d'un loup ne suffit pas à apaiser les craintes des éleveurs en Haute-Marne.
En Haute-Marne, l'abattage d'un loup soulève la colère des éleveurs
A Choiseul (Haute-Marne), le 20 avril 2026. C'est à contre-coeur et par crainte du loup que Pierre-Edouard Brutel, éleveur ovin, a décidé de laisser ses 200 moutons en bergerie toute l'année. LP/Doris Henry

Suite à une décision du préfet, un loup a été abattu la semaine dernière en Haute-Marne, région la plus touchée en France par les attaques de ces prédateurs.

« Normalement, c'est le moment où les agneaux gambadent dehors, mais là, mes animaux sont enfermés », déplore Pierre-Edouard Brutel, éleveur de moutons à Choiseul. Les journées printanières de cette région ne sont plus savourées par ses bêtes, désormais en sécurité à l’intérieur de la bergerie. Désespéré, il envisage de les y garder toute l’année. L’an dernier, il a perdu vingt-huit brebis, victimes de loups. Une meute d’environ dix loups a élu domicile dans le Bassigny, poussant la préfecture à autoriser, début avril, deux tirs de prélèvement pour protéger les exploitants.

Un des tirs a été couronné de succès, avec l’abattage d’un mâle de 36 kilos alors qu’il s’apprêtait à attaquer un troupeau. « Cela a été une étape positive, mais la menace persiste », indique Pierre-Edouard Brutel, qui avait récemment échangé sur la question avec la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard.

363 moutons victimes d'attaques depuis le début de l'année

Cette action offre une légère répit, comme l’explique Thomas Millot, président des Jeunes Agriculteurs de Haute-Marne : « Cela prouve que nos efforts portent leurs fruits, mais les niveaux d'attaques continuent d'augmenter. Nous avons déjà enregistré 363 moutons attaqués depuis début janvier, un chiffre alarmant comparé à l'année précédente. » En 2025, le total avait atteint 814 attaques.

« Nous ne cherchons pas à éradiquer les loups, mais à trouver des réponses légales et viables », précise Millot. L’éleveur Pierre-Edouard Brutel envisage même de changer son modèle d'élevage ou d'arrêter totalement : « Cela me briserait le cœur, mais la pression pour s'adapter à la présence des loups est énorme », avoue-t-il. Les clôtures, selon lui, sont de simples solutions temporaires qui compromettent l’écosystème local.

« On nous demande d’artificialiser la nature, mais nos bêtes nourries à l’herbe participent à la beauté de ces paysages », conclut-il en pointant du doigt l'impact du loup sur l'équilibre de la biodiversité. « Si les gens veulent des loups, cela signifie qu’ils aspirent à une agriculture intensive. »

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