À l'ère des courriers électroniques et des messages instantanés, la tradition des cartes postales semble faire un retour inattendu. Dans la ville de Strasbourg, cette pratique authentique se réinvente, tout particulièrement grâce au Carte Cool Club, qui revitalise l'échange épistolaire avec brio.
En effet, comme le souligne Hélène Jaillard, la fondatrice du Carte Cool Club, écrire des cartes n'est pas seulement une question de communication; c'est un geste affectueux. “J’écris à des personnes que j’aime, comme ma grand-mère, et cela exprime ainsi ma pensée,’ témoigne-t-elle. Hélène a également précisé qu’elle achète des cartes partout où elle va, pour les envoyer et les conserver précieusement.
Ces cartes, qui sont souvent ornées de tampons et de collages, deviennent de véritables œuvres d’art. Hélène partage son processus créatif : “Il arrive que je n’aie pas d’idée précise au départ; tout se construit au fur et à mesure, en fonction des images et des thèmes,” indique-t-elle.
Depuis l’été dernier, Hélène a également lancé un compte Instagram, où elle invite ses abonnés à participer à une chasse aux trésors à travers Strasbourg. “Chaque semaine, je cache une carte et j’encourage mes abonnés à la chercher,” ajoute-t-elle. Cette initiative a rapidement pris de l’ampleur, rassemblant aujourd'hui plus de 1 300 amateurs de cartes postales.
Créer du lien
Mais au-delà de la créativité, l'aspect social prend une place prépondérante. “Au début, seules quelques personnes cherchaient les cartes, mais progressivement, le nombre a gonflé, entraînant discussions et échanges,” remarque Hélène. Elle conçoit cela comme un moyen de rassembler les gens, favorisant ainsi de nouvelles rencontres.
En quête des plus beaux endroits de la ville pour cacher ses créations, Hélène explique : “Je sélectionne des lieux esthétiques, embellis par la nature ou l’architecture. Quand il fait beau, l’enthousiasme est plus fort et les gens restent engagés. J’ai ainsi déjà publié 26 cartes.”
Le phénomène des cartes postales à Strasbourg, loin d’être anachronique, démontre qu’il existe encore des moyens originaux de nouer des liens. Comme l’affirme France 3 Alsace, ces initiatives locales touchent aussi bien les jeunes que les moins jeunes, prouvant ainsi que le caractère tactile de la correspondance écrite demeure précieux dans notre monde numérique.







