Pour combattre l’épidémie de flavescence dorée, une maladie destructrice de la vigne, la préfecture de la région Grand Est impose l’usage d’un insecticide à certains viticulteurs champenois. Ce traitement a démarré le 30 mai dernier, suscitant des inquiétudes quant à son impact sur la biodiversité.
Les viticulteurs, bien que réticents, se voient forcés de protéger leurs vignes. L’obligation d’appliquer un insecticide sur une partie de leurs exploitations s’impose pour contrer cette grave maladie qui peut décimer des ceps. La décision a été officialisée par un arrêté préfectoral publié en avril dernier.
Un tiers du vignoble champenois concerné
Originaire du sud de la France, la flavescence dorée a colonisé la Champagne ces dernières années. « C’est une réalité que nous avons dû accepter depuis quatre ou cinq ans », confie Benoît Fery, vigneron à Vrigny dans la Montagne de Reims. Son exploitation a déjà été affectée l’année dernière. Aujourd’hui, ce sont 8 800 hectares sur les 33 000 que compte le vignoble qui sont touchés par cette mesure préfectorale.
Benoît Fery, qui avait auparavant renoncé aux pesticides depuis près de vingt ans, craint les effets néfastes de ces traitements sur l’écosystème local. « On observe quotidiennement une diversité d’insectes autour de nos cultures. Le traitement va éliminer un équilibre fragile », déplore-t-il, tout en soulignant qu’une inaction pourrait mettre en péril non seulement son exploitation, mais également l’appellation d’origine de la région.
Tous les vignerons vont avoir mal au cœur
Une préoccupation partagée par Sébastien Sanchez, un vigneron bio de Cumières, qui se retrouve également contraint de traiter. « C’est décourageant, et je suis convaincu que chaque vigneron ressent un profond regret en manipulant ces produits », affirme le président local des vignerons. « Nous avons l’impression de régresser, mais nous n’avons pas d’autre choix face à cette menace. »
L’épandage de cet insecticide s’organise en trois phases, s’étalant jusqu’au début juillet, tandis que la lutte contre la flavescence dorée devra se poursuivre avec des contrôles rigoureux sur les exploitations. « Nous disposons de plusieurs outils : prospection, arrachage et traitement », précise Sébastien Sanchez, conscient que cette menace rappelle le phylloxéra, qui avait anéanti le vignoble français il y a un siècle. « Nous devons être vigilants », conclut-il.







