Au tribunal de Strasbourg, un ostéopathe est confronté à de lourdes accusations, ayant été accusé de huit viols. Pierre Garitte, âgé de 37 ans, a présenté une version antagoniste à celle de ses clientes, qui témoignent de traumatismes profonds.
Lors de son intervention, il a nié toute intrusion inappropriée, arguant qu'il n'avait reconnu qu'une seule pénétration, laquelle, selon lui, a été initiée par la patiente, Déborah, dont le nom a été changé pour préserver son anonymat. "J'ai merdé", a-t-il admis.
Déborah, âgée de 48 ans, a été la première à déposer plainte en septembre 2020. Elle se souvient d'une séance en 2017 où l'ostéopathe a prétendu qu'elle avait "un corps de femme violée". Après cette consultation, elle avait décidé de ne plus le revoir, mais, en proie à des douleurs, elle a finalement consulté de nouveau en 2019. Elle affirme alors avoir été pénétrée sans avertissement, ce qui constitue une pratique formellement interdite.
"Ça a duré au moins 20 minutes, c'était extrêmement long", a-t-elle partagé, les larmes aux yeux. "Pourquoi ne suis-je pas partie en courant ?" a-t-elle poursuivi, témoignant de son désespoir pendant les faits.
Sur les sept autres accusations, Garitte a nié toute pénétration, se comparant à un praticien au cours de ses interactions avec des patientes dont les âges varient de 30 à 83 ans. Il a maintenu qu'il communiquait clairement ses intentions.
Les récits des patientes se ressemblent souvent : dans son cabinet à Eschau, il les enveloppait d'une couverture, les incitant à placer leurs mains sur les siennes avant d’effectuer des gestes inappropriés. Selon un rapport de France Info, l'accusé est également poursuivi pour des agressions sexuelles touchant 23 autres patientes, vraisemblablement en parallèle de ces viols.
Anna, âgée de 45 ans, a témoigné que l'ostéopathe l'avait pénétrée alors qu'elle était présente avec son fils. "Il parlait de Pokémon pendant qu’il avait un doigt en moi", a-t-elle relaté, visiblement affectée par l'expérience.
L'accusé, sous pression, a réfuté les récits de ses patients, plaidant qu'il n'avait aucune intention malveillante. La présidente de la cour, Stéphanie Issenlor, a souligné le fait qu'il semblait y avoir une tendance parmi ces femmes à mal interpréter leurs expériences.
Marion, une autre plaignante, a déclaré : "C'est quelqu'un de dangereux, n'ayant aucune conscience des répercussions de ses actes sur nous." Lorsque l'avocate a demandé à Déborah si elle regrettait d'avoir recommandé l’ostéopathe à ses amies, celle-ci a fondu en larmes, reconnaissant qu'elle aurait dû être plus vigilante.
Ce procès, qui se poursuivra jusqu'au 10 juin, met en lumière non seulement des accusations graves mais aussi la souffrance de nombreuses femmes, soulignant la complexité des relations de confiance entre praticiens et patients. Le Monde décrit cette affaire comme un tournant pour la représentation des victimes au sein du système judiciaire.







