Marjane Satrapi, l'autrice franco-iranienne mondialement reconnue pour son œuvre autobiographique "Persepolis", est décédée à Paris à l'âge de 56 ans. Son entourage a indiqué qu'elle est "morte de tristesse", un an après le décès de son époux, Mattias Ripa, un événement qui a profondément affecté sa vie.
Exilée en France depuis 1994 et naturalisée en 2006, Satrapi a illuminé le monde littéraire avec son récit poignant de l'Iran, fusionnant mémoire personnelle et histoire politique. "Persepolis" dépeint la lutte de son enfance au cœur des révolutions iraniennes et les défis de son identité dans un pays en mutation.
Les réactions affluent, notamment de la part de ses pairs. Le dessinateur Joann Sfar a exprimé sur Instagram : "Tu as changé le monde avec des bandes dessinées, et tu t'en fichais de cela. J'ai perdu ma sœur jumelle." Riad Sattouf, auteur de "L'arabe du futur", a ajouté : "Son œuvre a ouvert une voie que beaucoup ont suivie, et moi le premier." Une onde de sympathie se propage parmi les artistes, tous reconnaissants de son influence.
À travers ses illustrations au trait simple, Marjane Satrapi a illustré les contradictions de la société iranienne, dénonçant la propagande du régime et les stéréotypes dont son pays souffre. En 2003, elle déclarait : "Une dictature ne montre pas tout" en référence aux images tronquées de l'Iran diffusées à l'étranger.
"Persepolis" a été primé à de multiples reprises, notamment au festival international de BD d'Angoulême, et a été adapté au cinéma en 2007, récoltant deux César et obtenant le prix du jury au festival de Cannes. La cinéaste a exprimé sa volonté de dédier ce film aux Iraniens, affirmant son engagement contre les injustices de la République islamique.
Le président français Emmanuel Macron a salué son passage : "Elle porta la cause du peuple iranien et l'étendard du droit des femmes, transformant son enfance en fable universelle." Son héritage est indéniable, inspirant des générations et enrichissant la culture mondiale.
Son œuvre étant ancrée dans une histoire personnelle, elle n’a jamais cessé de s'engager pour les droits des femmes. En 2024, elle a dirigé le projet "Femme vie liberté", un livre collectif rédigé suite aux soulèvements menés par la jeunesse iranienne après la mort de Mahsa Amini, pointant du doigt les injustices du régime.
Marjane Satrapi, en 2025, a refusé la Légion d'honneur en raison de son désaccord avec la politique française vis-à-vis de l'Iran. "Je ne comprends pas la politique de la France, surtout lorsque des artistes et des dissidents iraniens sont privés de visas", a-t-elle déclaré. Elle a réitéré son amour pour la France, son pays d'adoption, dans un élan de passion et d'engagement.
Sa perte a créé un vide immense, et son compte Instagram témoignait de son chagrin incommensurable après la disparition de son mari. Un message poignant y était partagé : "I Lost the love of my life". La voix de Marjane Satrapi manquera à tous ceux qui cherchent la vérité et la liberté.







