À Saint-Jean-de-Nay, un agriculteur confronté à un destin incroyable, Patrice Gauthier, se trouve dans une situation pour le moins inattendue. Depuis 1994, il est officiellement considéré comme décédé selon les registres administratifs. Mort administrativement - un statut qu'il n'a jamais voulu.
Ce sont les autorités judiciaires du Puy-en-Velay qui lui ont annoncé la situation dans un courrier daté d'avril dernier. "C'est un certain Patrice Gauthier, né le même jour que mon époux, qui serait décédé en 1994", confie Françoise, son épouse, à France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.
"Le tribunal exige de régulariser le Groupement Agricole d'Exploitation en Commun (GAEC) et de déclarer que le gérant est décédé", précise-t-elle.
Des conséquences graves pour l'exploitation
Cette mésaventure pourrait prêter à sourire, si elle ne menaçait pas l'avenir de son exploitation. "Il reste encore trois associés dans le GAEC. Pourquoi disparaitrais-je, même si j'étais réellement décédé?", s'interroge l'agriculteur. Il est important de noter que le tribunal de commerce, qui croise les informations à l'aide d'un outil numérique, soupçonne l'existence d'un homonyme dans la famille de Patrice.
Virginie Cosmano, greffière au tribunal de commerce, souligne à nos confrères l'importance de sécuriser les données administratives, en raison des défis posés par la cybercriminalité. "Un acte n'est pas valide s'il ne passe pas par la bonne personne. Avec l'intelligence artificielle et les menaces de hackers, il est essentiel de protéger nos informations", avertit-elle.
Patrice et sa famille insistent sur le fait qu'il n'existe pas d'homonyme dans leur entourage. Pour clarifier cette situation, l'agriculteur a déposé un dossier complet auprès du tribunal en espérant qu’un jour, la vérité sera rétablie et que cet improbable quiproquo prendra fin.







