Une dizaine de plaintes ont été déposées par des élèves et des enseignants du collège Henri-Guillaumet à Mourmelon-le-Grand, en Marne. Ces derniers sont profondément affectés par la diffusion de deepfakes ciblant des collégiennes. Les élèves se sont mobilisés pour soutenir leurs camarades, dont certaines ont été victimes de contenus dégradants.
Le 17 juin 2026, comme chaque mercredi, les portes du collège sont restées fermées l'après-midi. Les collégiens se dirigent en groupe vers le skate-parc, un point de rassemblement populaire. Cependant, depuis quelques jours, l’atmosphère est devenue insoutenable. Les élèves, traumatisés par la situation, se voient contraints de faire face à la réalité d'un phénomène aussi inquiétant que les deepfakes, qui se sont immiscés dans leur quotidien.
Des témoignages de choc et de solidarité
Julia, Abriel et Analeï, trois amies toutes en 4ᵉ, expriment leur consternation : “Ça a tourné dans le collège,” confie Julia. Bien qu'elles n'aient pas été directement touchées, elles s'inquiètent pour leurs amies. “Une de mes copines a fait une crise d'angoisse,” explique l'une d'elles. “Elles envisagent même de changer d'établissement.”
Louka, âgé de 12 ans, se dit également choqué par la situation. “Je n'ai pas voulu voir ces photos. Ce n'est pas correct,” fait-il savoir. Samuel, un élève de 3ᵉ, ajoute : “Ça me choque. Toutes les personnes touchées par ça reçoivent notre soutien.”
Les adolescents sont unanimes : ils souhaitent que ces contenus nuisibles disparaissent rapidement et que des sanctions soient prononcées à l'encontre de l'auteur présumé des montages. Le rectorat a annoncé des procédures disciplinaires qui commenceront à l’encontre de la personne impliquée.
Une dizaine de plaintes ont été déposées auprès du parquet de Châlons-en-Champagne, en réponse à ces violations sérieuses de la vie privée. Selon la procureure, “les faits doivent encore être caractérisés et vérifiés.” L’enquête a été confiée aux gendarmes, qui examineront de près cette affaire inquiétante.
Les implications légales du deepfake
La loi du 21 mai 2024 interdit la diffusion d'un contenu sexuel truqué sans le consentement de la personne représentée. Une telle infraction peut entraîner jusqu'à 2 ans de prison et 60 000 euros d'amende. Si de tels contenus sont diffusés en ligne, les sanctions se renforcent à 3 ans de prison et 75 000 euros d'amende. L'objectif de cette législation est de protéger les individus contre la diffusion malveillante de faux contenus sexuels.
Face à ces événements choquants, la COMMUNAUTÉ SCOLAIRE de Mourmelon-le-Grand se mobilise pour offrir le soutien nécessaire à toutes les victimes.







