Le camp Krimmeri, situé dans le quartier de la Meinau à Strasbourg, a été démantelé par la police jeudi après-midi, suscitant des réactions vives de la part des autorités locales et des associations de solidarité. Ces dernières dénoncent une opération effectuée sans mise à l'abri préalable, laissant de nombreuses personnes sans solutions appropriées.
Selon la préfecture, 21 individus ont pu accéder à un hébergement d'urgence, tandis que 70 autres sont venus récupérer leurs affaires. Cependant, la situation a été marquée par un manque d'organisation. De nombreuses personnes, y compris des enfants, se trouvaient absentes au moment de l'opération, suscitant des inquiétudes quant à leur sécurité.
Camille Vega, secrétaire général du Secours populaire dans le Bas-Rhin, a vécu l'événement de près, déclarant : "D'habitude, un gymnase est réquisitionné pour accueillir les personnes évacuées. Mais cette fois-ci, rien n'a été prévu. Ils ont simplement été priés de partir en pleine neige et avec des températures glaciales."
Floriane Varieras, adjointe aux solidarités, a également exprimé son indignation, qualifiant le démantèlement de "improvisation indigne et inhumaine". Elle a observé des tentes saccagées et a noté que certains occupants étaient revenus dans l'après-midi pour tenter de reconstruire leur abri, témoignant de l'inefficacité de l'opération.
Des collectifs de soutien et des personnalités locales appellent à une réévaluation des méthodes de gestion des camps de réfugiés. Des experts en droits humains soulignent qu'une plus grande sensibilisation et des mesures dignes et respectueuses sont nécessaires pour traiter les situations des sans-abri.
La préfecture a néanmoins mentionné que 10 personnes avaient été dirigées vers un centre d'aide au retour, une alternative controversée pour des familles se retrouvant sans abri. Alors que les difficiles conditions hivernales continuent de sévir, les appels à la dignité humaine et à l'empathie se font de plus en plus pressants.







