Le 4 janvier dernier, la Journée mondiale du Braille a rappelé l'héritage de Louis Braille, né en 1809, et l'importance de cet alphabet tactile pour les personnes aveugles et malvoyantes. Aujourd'hui, le Braille fait face à une concurrence croissante de la lecture vocale numérisée, une dynamique qui soulève des questions sur son avenir.
En France, selon la Fédération des aveugles de France, environ 1,7 million de personnes sont touchées par une déficience visuelle, mais seulement 12 % d'entre elles parviennent à utiliser le Braille. En comparaison, les solutions numériques séduisent beaucoup de non-voyants, qui n'hésitent pas à adopter des technologies facilitant l'accès à l'information.
Les six points en relief du Braille offrent 63 combinaisons pouvant représenter des lettres, chiffres, signes de ponctuation et notations spécifiques. Cette méthode, bien que traditionnelle, permet une autonomie d'utilisation sans nécessiter de technologie complexe, d'accès Internet ou de mises à jour, faisant ainsi de l'écriture Braille un outil fondamental pour l'éducation, comme le souligne le dernier rapport du Ministère de l'Éducation nationale.
Les bénéfices du Braille face aux nouvelles technologies
Les recherches montrent que l’apprentissage et l’utilisation du Braille favorisent non seulement l'accès au langage, mais améliorent également les compétences en grammaire et en raisonnement spatial. En effet, la manipulation du Braille et la lecture tactile stimulent l'imagination et la visualisation d'objets en trois dimensions, une capacité souvent mise en avant par des experts comme le professeur David M. P. Lumbroso.
D'autre part, le Braille demeure un élément de notre espace public, permettant une accessibilité tangible dans les musées, bibliothèques et administrations, comme l'a récemment souligné le quotidien Le Monde. Pourtant, une tendance inquiétante émerge : le nombre d'utilisateurs du Braille continue de décliner à mesure que les nouvelles technologies prennent le pas.
Pour un avenir basé sur la complémentarité
Face à cette situation, il est impératif d'encourager l'apprentissage du Braille chez les jeunes, en parallèle des outils numériques. Les initiatives comme celles de l'association Valentin Haüy, qui propose des évaluations de produits numériques pour les malvoyants, témoignent d'une volonté de s'adapter tout en préservant le patrimoine culturel du Braille.
Une autre initiative notable provient de HumanKit, qui met à disposition des plans pour fabriquer une machine capable d'imprimer des textes en Braille à l'aide d'une imprimante 3D. Cela démontre un engagement à rendre le Braille plus accessible et facilitant son utilisation.
En fin de compte, la synergie entre technologies numériques et Braille semble être la voie la plus prometteuse pour l'avenir des aveugles et malvoyants. Il est essentiel que les nouvelles générations ne soient pas uniquement dépendantes des solutions numériques, mais qu'elles aient également la chance de maîtriser cette forme d'écriture fondamentale.







