Plus de 80 enfants, avec leurs parents, ont récemment occupé une école désaffectée à Lyon. Cette action, menée par le collectif "Jamais Sans Toit" (JST), vise à alerter sur la saturation des dispositifs d'hébergement d'urgence dans la région, où les solutions manquent cruellement.
Transformées en dortoirs et en réfectoires improvisés, les salles de classe accueillent ces familles, qui, dans leur lutte pour la dignité, consomment la chaleur restante des lieux d'enseignement. L’initiative sans précédent a eu lieu vendredi dernier, alors que ces familles, souvent en situation précaire, se retrouvaient à la rue sans autre option.
"Nous avons été confrontés à une situation insoutenable où les enfants doivent dormir à l'extérieur, suggérant l'absence totale de solutions", déclare Juliette Murtin, porte-parole de JST. Les familles concernées par cette occupation sont presque toutes scolarisées et incluent souvent des réfugiés se battant pour un avenir meilleur en France.
Avec plus de 315 enfants actuellement sans abri recensés dans l'agglomération lyonnaise, les témoignages de familles comme celui de Hajja, originaire d'Algérie, illustrent bien la crise. "Nous avons dormi dans des écoles pendant plus d'un an, mais aujourd'hui la situation est devenue désespérée," explique-t-elle.
La mairie de Lyon a proposé des solutions temporaires telles que l'hébergement dans des hôtels et des gymnases, mais cela demeure insuffisant. "Certains préfèrent risquer la rue plutôt qu'accepter des conditions de vie inappropriées dans des refuges saturés," témoigne Sonia Mirallès, une enseignante impliquée.
Les répercussions de cette crise sont alarmantes : selon des données récentes, la préfecture du Rhône a déclaré que 30 % des bénéficiaires d'hébergement d’urgence étaient installés depuis plus de cinq ans, soulignant la nécessité de solutions durables. Une voix experte, comme celle de l'UNICEF, corroborerait ces propos, notant une augmentation continue du nombre d'enfants sans-abri en France.
Pour cette raison, le collectif JST appelle à une réponse plus robuste de la part des autorités, notamment un véritable accompagnement social et des solutions pérennes. En attendant, l'occupation de l'école se poursuit, un symbole fort de résilience face à une situation de plus en plus critique.







