Après des mois de souffrances en captivité, le retour en France s'avère être une véritable épreuve pour de nombreux anciens otages. Benjamin Brière, récemment libéré d'une prison en Iran, témoigne de la détresse et de l'isolement qui ont suivi sa libération. "Il faut juste serrer les dents", explique-t-il sur son expérience de retour, soulignant l'absence totale d'accompagnement de l'État français.
Loin des projecteurs médiatiques, ces hommes et femmes, regroupés au sein de l'association SOS otages, plaident pour une reconnaissance officielle de leur statut. Dans une lettre ouverte adressée au président Emmanuel Macron, ils réclament des "droits clairs" et un soutien significatif. "Nous avons été à l'étranger, souvent dans des conditions extrêmes, et à notre retour, nous nous retrouvons livrés à nous-mêmes", affirme Nicolas Hénin, journaliste et ancien otage en Syrie.
Un récent rapport d'experts en droit international a mis en lumière l'importance d'un suivi post-captivité. Les anciens otages portent en eux des séquelles physiques et psychologiques souvent ignorées par les institutions. Camilo Castro, libéré d'une détention au Venezuela, raconte avoir passé ses premières nuits chez un cousin, sans structure de soutien pour l'aider à se reconstruire. Son témoignage met en avant le besoin urgent d'une prise en charge appropriée.
La situation est d'autant plus complexe lorsque l'on considère le « monde kafkaïen » des administrations que doivent naviguer ces victimes. Brière évoque un échange absurde avec un fonctionnaire des impôts qui lui demanda pourquoi il n'avait rien déclaré pendant sa détention. "Parce que j'étais en prison", lui répond-il. "Ah oui, mais même en prison, on peut le faire." Ces échanges illustrent les défis quotidiens auxquels ces anciens otages conforment face à la bureaucratie.
Les autorités françaises ont promis d'apporter une attention particulière aux anciens otages grâce à la Direction interministérielle d'aide aux victimes. Cependant, nombreux sont ceux qui estiment que la réalité ne correspond pas aux promesses. "Tout est violent à notre retour, il faut se réintégrer dans sa famille, au travail, dans la société. C'est un combat quotidien", conclut Brière.







