Une empreinte génétique de Dominique Pelicot, relevée en 2010, aurait pu épargner à sa femme quatorze années de violence. Un rapport de l'Inspection générale de la Justice met en lumière une incroyable négligence judiciaire.
Les atrocités subies par Gisèle Pelicot, qui ont conduit à la condamnation de pas moins de 46 hommes pour viol aggravé, auraient pu être révélées 14 ans plus tôt, selon ce rapport consulté par franceinfo. Une faille dans la communication judiciaire a, en effet, permis que ces crimes se poursuivent bien longtemps.
Une empreinte oubliée dans un dossier judiciaire
Le 30 juillet 2010, Dominique Pelicot est interpellé à Seine-et-Marne alors qu'il filme à l'aide d'une caméra dissimulée. Bien qu'il ne soit condamné qu'à une amende de 100 euros, son ADN est prélevé et correspond à une empreinte enregistrée dans une enquête de 1999 pour tentative de viol. Bien que cette information ait été transmise à la justice, elle n'a jamais été exploitée.
Le courrier informant le parquet de Meaux semble être tombé dans l'oubli, perdu dans les méandres d'une réorganisation judiciaire chaotique. Ce manque de suivi a permis à Pelicot de continuer ses agissements, ce qui soulève des questions sur la gestion des dossiers sensibles.
Un problème structurel et humain
L'Inspection générale de la Justice parle d'un ''impensé organisationnel'', soulignant que tant de données cruciales, comme les profils ADN, pourraient être perdues dans le transit postal. À peine un an après son interpellation, les premiers violeurs de Gisèle Pelicot sont devenus actifs, orchestrés par son mari.
Cette affaire a suscité de vives réactions au sein de la société, dénonçant un dysfonctionnement systémique. Nathalie Laïk, experte en droit pénal, souligne que ''la priorisation des informations criminelles devrait être une obligation, et non une option''. Selon Le Monde, cette tragédie souligne l'urgence de réformer la gestion des données judiciaires pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.







