Le salon des Antiquités militaires à Épernay attire de nombreux visiteurs, passionnés de l'histoire et désireux de redécouvrir le passé. Parmi eux, Rolland, un retraité de l'Oise, parcourt ce type d'événements depuis près de quarante ans. Inspiré par les récits de son grand-père sur la Première Guerre mondiale, il a pour mission de combler le vide mémoriel que cette période a laissé.
À ses côtés, son fils Frédéric partage le même engouement, concentrant leur recherche sur les lettres et les cartes postales qui racontent des histoires humaines. Bien qu'il soit souvent plus facile de trouver des armes ou des uniformes, des exposants comme Pascal Hourblin, spécialiste des documents, se démarquent avec des objets chargés d'histoires personnelles. "Ce qui m'intéresse, c'est le lien entre l'objet et l'individu qu'il a servi", explique-t-il. Son dernier travail a mis en lumière Robert Thomas, un résistant normand, et l'engagement de ses sœurs qui ont œuvré pour créer des faux papiers pendant la Seconde Guerre mondiale.
Henri Desbordes, président de l'association "Le poilu de la Marne" et organisateur du salon, note un vif intérêt croissant pour les effets personnels des soldats. Les visiteurs cherchent de plus en plus à établir des connexions entre les objets exposés et les récits des soldats. "Ils veulent retrouver le nom de la personne qui a porté un uniforme ou le sens d'une correspondance", commente-t-il. Cette approche témoigne d'un désir de préserver et de transmettre ces mémoires, une tendance qui semble ne faire que croître au fil des années.
Pour beaucoup, l'histoire militaire dépasse la simple collection d'objets. Ce salon, qui a accueilli près de 2000 visiteurs en 2025, est une véritable célébration des récits individuels, rendant hommage à ceux qui ont vécu des histoires souvent oubliées. Chaque collectionneur, avec ses propres passions, comme celui des insignes, contribue à enrichir ce tissu mémoriel, ancrant les histoires des soldats dans notre conscience collective.







