Masrour Makaremi, orthodontiste installé à Bergerac en Dordogne, observe avec empathie et anxiété les événements qui se déroulent en Iran. Arrivé en France en 1986 après l'assassinat tragique de sa mère dans un contexte politique hostile, il nourrit l'espoir d'un changement de régime qui lui permettrait de retourner sur sa terre natale. À travers ses mots résonnent une colère, une impuissance, mais aussi un espoir fervent.
Les manifestations qui ont débuté le 28 décembre dernier, au départ centrées sur des revendications économiques, ont rapidement évolué vers une forte contestation du régime en place. De nombreux observateurs notent que cette agitation populaire pourrait signaler une nouvelle ère pour l'Iran. "L'espoir n'a jamais été aussi grand. La peur a changé de camp", déclare Masrour, renforçant les sentiments de nombreux Iraniens qui aspirent à la liberté et à la modernité.
Bien qu'il n'ait pas foulé le sol iranien depuis 40 ans, Masrour se sent plus proche que jamais de son pays. Ses échanges avec des amis et des élèves basés en Iran lui révèlent des réalités poignantes, à savoir que la répression est immense, mais que l'esprit de résistance est palpable. "Il y a des corps dans les rues. Le régime tremble face au mécontentement. C'est la première fois qu'ils ont aussi peur", explique-t-il, ajoutant qu'il n'a jamais été aussi enclin à envisager un retour.
Le désir de voir un Iran régénéré et libre de ses chaînes impose à Masrour une réflexion sur l’avenir politique potentiel. Bien qu'il soit ouvert à l'idée d'une monarchie constitutionnelle, son père, Hassan, ancien prisonnier sous le régime du Shah, garde des réserves sur la stabilité d’une telle transition. "Qui va gouverner après la chute du régime ?", soulève-t-il, remerciant le fait que la présence des États-Unis ne soit pas souhaitée par la majorité des Iraniens.
Des experts, tels que l’analyste politique Jean-Pierre Fattore, rejoignent cette réflexion, soulignant que toute transition doit venir d'une dynamique interne plutôt que d'une ingérence extérieure. "La légitimité d'un futur gouvernement doit émaner des Iraniens eux-mêmes", insiste-t-il lors d’un récent panel de discussion sur les enjeux géopolitiques en Iran.
Masrour maintient un lien avec sa patrie à travers ses cours en ligne et ses conversations, rêvant quotidiennement de retourner à Chiraz, sa ville natale. "Je n'ai rien à faire ici, ma vie est ailleurs", confie-t-il. Son fils, tout en s'épanouissant en France, ambitionne lui aussi de faire des visites occasionnelles pour planter des vignes et faire revivre l'héritage culturel de leur terre.
Alors que le climat politique en Iran continue d'évoluer, l'espoir d'un retour pour Masrour Makaremi et d'autres émigrés reste intact, soulignant une quête universelle de liberté et de paix.







