Au premier tour, le candidat socialiste en tête
Lors du premier tour de l'élection présidentielle le 18 janvier, Antonio José Seguro, représentant du Parti socialiste, a su séduire 30,6 % des électeurs, devançant ainsi André Ventura, le représentant de l'extrême droite avec 24,7 %, selon les résultats récoltés dans 90 % des circonscriptions. Avec 14,8 % des voix, l'eurodéputé libéral Joao Cotrim Figueiredo se classe troisième.
Il est intéressant de noter qu'André Ventura, qui est à la tête du parti d'extrême droite Chega, avait terminé en troisième position lors de l’élection de 2021 avec seulement 11,9 % des voix. Depuis lors, son parti a connu une ascension fulgurante, un phénomène qui suscite des inquiétudes au sein du paysage politique portugais, observé de près par des analystes. “C'est un tournant significatif pour un pays qui a longtemps été perçu comme étant à gauche”, souligne l'expert politique Manuel Almeida dans une récente interview accordée à Le Monde.
Un second tour qui pourrait redéfinir l'avenir du Portugal
Le duel déterminant entre les deux candidats se déroulera lors d'un second tour prévu pour le 8 février. Bien que les sondages actuels semblent indiquer une victoire probable pour Antonio José Seguro, la montée en puissance d'André Ventura représente un bouleversement sans précédent sur la scène politique portugaise. Pour la première fois depuis 1986, un second tour est nécessaire pour élire le président, et cela pourrait modifier le paysage électoral de manière durable. “Le soutien populaire envers Ventura témoigne d’un désir de changement parmi une partie significative de l’électorat”, ajoute Mariana Silva, analyste en sciences politiques.
Vers un nouveau chapitre pour le Portugal
Le futur président succédera à Marcelo Rebelo de Sousa, dont le mandat a été marqué par de nombreux défis. Bien que n'ayant pas de pouvoirs exécutifs directs, le président du Portugal a la capacité de jouer un rôle d'arbitre, surtout en cas de crise politique, selon des spécialistes. Ce changement pourrait amener une dynamique différente au sein de la gouvernance, en particulier avec la montée d’un parti d'extrême droite en tant que force d’opposition. L’élection, qui s'annonce historique, est à suivre de près pour comprendre les nouvelles aspirations et préoccupations des citoyens portugais.







