Selon les récentes révélations concernant Dominique Pelicot, sa carrière criminelle aurait pu être interrompue en 2010. À l'époque, il a été arrêté pour des faits de voyeurisme dans un supermarché, durant lesquels son ADN a été prélevé. Ce même ADN a été connecté à une affaire de tentative de viol survenue en 1999, mais le lien n'a jamais été exploité, laissant des questions sans réponse sur l'efficacité du système judiciaire.
Un rapport de l'inspection générale de la justice met en lumière des défaillances graves dans la gestion des dossiers judiciaires, en particulier dans le tribunal de Meaux, où un simple courrier contenant des informations cruciales a été égaré. Ce manque de rigueur dans le suivi des affaires a des conséquences désastreuses, comme le souligne Maître Béatrice Zavaro, l'avocate de Pelicot : "Si l'erreur humaine peut être comprise, il est inacceptable que des dysfonctionnements systémiques aient permis à un délinquant de continuer à nuire."
Cette situation met également en exergue la nécessité d'une réforme de la manière dont la justice gère les mails et communications. La promesse d'un système numérique sécurisé d'ici 2026 a été faite par le ministère de la Justice, mais les victimes demandent des mesures immédiates. Maître Florence Rault, avocate des familles de victimes, évoque un "drame" et un appel à l'action : "Tant de dossiers sont affectés par ces erreurs, et l'absence de responsabilité créent un climat d'impunité."
La justice française doit maintenant s'interroger sur son fonctionnement pour éviter qu'une situation similaire ne se reproduise. En attendant, Dominique Pelicot purge une peine de 20 ans de prison pour des viols commis sur sa femme Gisèle, un calvaire qui aurait peut-être pu être évité si les leçons avaient été tirées de son passé criminel. Des experts du droit et des membres d'associations de victimes s'accordent à dire qu'il est crucial de mettre en place des systèmes modernes et fiables pour protéger les citoyens.







