Alors que les amateurs de vin pourraient s'interroger sur une éventuelle invasion de malbec argentin dans les rayons européens, les viticulteurs argentins adoptent une approche plus nuancée. Bien que la signature récente de l'accord UE-Mercosur, signée au Paraguay, soit globalement perçue positivement, son impact commercial immédiat est estimé comme marginal.
Ceux qui trament l'avenir de la viticulture argentine voient cet accord comme une opportunité de stimuler des investissements et de favoriser une coopération accrue. Maximiliano Hernández Toso, investisseur et producteur dans la vallée de Uco, explique que même si l'accord n'est pas une panacée, il pourrait offrir un cadre propice aux échanges dans les années à venir.
La situation économique actuelle en Argentine, marquée par une baisse de la consommation intérieure et des défis logistiques, complique déjà la donne pour les vins argentins. En 2025, les exportations ont chuté à 661 millions de dollars, leur niveau le plus bas depuis 2009. Selon les experts, l'accord pourrait permettre d'accroître la compétitivité des vins argentins, en particulier sur le marché européen, où des pays comme l'Allemagne et les pays nordiques représentent des perspectives intéressantes.
Patricia Ortiz, propriétaire de Fincas Patagonicas, évoque des perspectives encourageantes pour certains malbecs haut de gamme avec des caractéristiques distinctives qui peuvent séduire les consommateurs européens. Elle souligne que la réduction progressive des droits de douane pourrait enfin ouvrir des portes aux petits producteurs argentins sur des circuits gastronomiques plus vastes, jusqu'alors limités à quelques marques.
Néanmoins, les craintes de concurrence accrue, notamment sur le marché brésilien, inquiètent certains. Alejandro Vigil, œnologue et président de Wines of Argentina, insiste sur la nécessité de renforcer l'identité des vins argentins pour se démarquer dans ce paysage concurrentiel. Il affirme que l'accord « n'ouvre pas de marché », mais force l'industrie à améliorer sa qualité et sa cohérence.
Pour conclure, si l'accord UE-Mercosur pourrait apporter son lot d'opportunités et d'incertitudes, il semble que les viticulteurs argentins sont déterminés à tirer parti de cette conjoncture pour se réinventer et conquérir de nouveaux marchés en Europe.







