Les générations nées à partir de 1961 pourraient bientôt faire face à un report de l'âge de départ à la retraite, qui pourrait atteindre 64 ans pour ceux nés en 1964 et après.
Dès la fin des élections du 27 juin, les conseillers de l'Élysée se sont plongés dans le dossier sensible de la réforme des retraites. Loin de l'approche systémique précédemment envisagée, des membres influents de l'entourage d'Emmanuel Macron, notamment le secrétaire général Alexis Kohler, et les ministres Bruno Le Maire et Sébastien Le Cornu, plaident pour un report de l'âge légal de 62 à 64 ans.
Une réforme risquée
Cette nouvelle mesure pourrait être incluse dès l'automne 2021 dans le projet de loi de finances de la Sécurité sociale, permettant une économie de 14 milliards d'euros d'ici 2026. Cependant, des exceptions sont envisagées pour les travailleurs ayant commencé tôt ou souffrant d'invalidité, ainsi que pour les petites retraites, qui pourraient être rehaussées à 1 000 €, équivalant à 85 % du Smic.
Des études, dont celles de la Cour des comptes et des économistes Jean Tirole et Olivier Blanchard, soutiennent cette initiative, justifiée par les contraintes financières engendrées par la crise sanitaire. Néanmoins, le projet présente des risques politiques, car les partenaires sociaux craignent une rentrée sociale déjà troublée. L'abandon de la suppression des régimes spéciaux pourrait contribuer à apaiser les tensions avec les syndicats.
Renouer avec l'élan réformateur
Tout changement de l'âge de la retraite représente un enjeu économique significatif. Le Conseil d'orientation des retraites prévenait dès 2019 des conséquences d'un tel recul sur le chômage à court terme. Afin d'accompagner cette réforme, un effort devra être engagé pour favoriser l'emploi des seniors de plus de 55 ans, un groupe souvent marginalisé sur le marché du travail.
Les économies réalisées grâce à la réforme seraient également destinées à soutenir des initiatives pour les jeunes et à relancer la discussion sur la dépendance, un sujet déjà maintes fois reporté. Alors que Xavier Bertrand, après sa réélection dans les Hauts-de-France, prône l'option d'un départ à 65 ans, le projet ressorti par l'Élysée vise à rétablir une image réformatrice pour Emmanuel Macron, face à des oppositions telles que celles de Marine Le Pen, qui plaide pour un retour à un départ à 60 ans.







