Lors de la présentation du projet de loi de finances (PLF) 2026 le 14 octobre 2025, le gouvernement a dévoilé une réforme marquante de l'abattement fiscal pour les retraités. Au lieu de l'abattement de 10% dont bénéficient actuellement les retraités, un abattement forfaitaire fixe de 2 000 euros est proposé. Cette mesure viserait à soutenir 100 000 ménages modestes, mais pourrait également nuire à 1,4 million d'autres retraités.
De nouveaux bénéficiaires mais des perdants en nombre
Avec l'abattement de 10%, les retraités bénéficient d'une réduction d'impôt basée sur 10% de leur pension, avec un plancher de 450 euros et un plafond de 4 399 euros. Le PLF 2026 propose de substituer ce système par un abattement unique de 2 000 euros pour chaque membre d'un foyer fiscal touchant une pension de retraite. Ce changement s'inscrit dans une démarche du gouvernement visant à recentrer les aides fiscales sur les plus démunis.
Des études, notamment celles de l'Institut des politiques publiques (IPP), démontrent que seules 100 000 personnes pourraient tirer avantage de cette réforme. Pour ces ménages, les économies réalisées ne seront que marginales, contredisant les annonces optimistes de François Bayrou, qui tablait sur des gains plus importants pour les retraités modestes. En revanche, environ 1,4 million de ménages risquent de subir des augmentations fiscales, entraînant parfois des charges supplémentaires de plusieurs centaines d'euros.
Les tenants et aboutissants d'une fiscalité complexe
Ce projet de loi soulève également des interrogations, surtout pour ceux qui perçoivent des pensions d'autres types, comme les pensions d'invalidité. Le nouvel abattement sera appliqué uniquement aux pensions de retraite, laissant de côté d'autres aides. De plus, une autre mesure préoccupante est la suppression de l'abattement spécifique pour les retraités de plus de 65 ans, augmentant encore la pression fiscale sur cette tranche d'âge.
Autres mesures à prévoir dans le PLF 2026
D'autres propositions notables du PLF 2026 incluent la prolongation de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et le maintien de la surtaxe sur les grandes entreprises. Une taxe sur le patrimoine financier des holdings est également envisagée, tout comme la suppression de plusieurs niches fiscales existantes. En outre, la proposition de rouvrir la fiscalité des indemnités journalières pour les maladies longues et l'introduction d'une taxe sur les petits colis importés suscitent des débats.
Ce PLF 2026, s'il est validé, promet d'entraîner des changements significatifs pour les retraités et d'autres catégories de contribuables, nécessitant une attention particulière lors des débats parlementaires à venir.







