La phytoépuration regroupe diverses techniques visant à nettoyer les sites contaminés par des polluants organiques, minéraux ou chimiques. Adaptée aux besoins des industries et des petites municipalités, cette approche offre des solutions écologiques viables, y compris pour les assainissements individuels.
Ce dossier se concentre sur le traitement des eaux usées domestiques via le lagunage, inspiré des zones humides naturelles.
Légalité des assainissements non-collectifs par lagunage
Les dispositifs de lagunage n'ont aucun agrément des autorités sanitaires. Avant toute mise en œuvre, il est crucial de respecter deux conditions :
- Confirmer qu'aucun réseau de tout-à-l'égout n'est à proximité, car la loi exige généralement un raccordement sous 2 ans.
- Obtenir une autorisation dérogatoire du Service Départemental de la Police des Eaux (SDPE). Le Service Public d’Assainissement Non Collectif (SPANC) peut aider à élaborer un dossier solide.
Fonctionnement du lagunage
Ce système repose sur l'interaction entre microorganismes, végétaux aquatiques et bactéries, qui transforment les polluants des eaux usées en une chaîne alimentaire. Les bassins de lagunage, appelés lagunes, sont conçus pour maximiser l'absorption des nutriments, favorisant ainsi un écosystème riche et diversifié. Chaque étape du traitement est soigneusement planifiée pour garantir l'efficacité du processus. Idéalement, l'eau traitée est suffisamment pure pour être infiltrée dans le sol ou évacuée vers un cours d'eau, sous réserve d'autorisations.
Structure d'une filière de lagunage
Après un prétraitement, les eaux passent lentement à travers au moins trois lagunes interconnectées, chaque bassin ayant des caractéristiques spécifiques en fonction des déchets et du débit. Les lagunes peuvent être construites en divers matériaux, y compris des argiles compactées ou des géomembranes, mais doivent toujours être étanches. Voici comment se décompose le traitement :
Dégrillage et dégraissage
Le traitement débute par un dégrilleur qui élimine les objets non biodégradables. Ce processus est crucial pour éviter les obstructions en aval. Ensuite, un bac à graisse retire les huiles, un élément indispensable pour les installations privées.
Lagune de décantation
Le premier bassin, consacré à la décantation, permet aux solides lourds de se décomposer grâce à des bactéries anaérobies. Les résidus se transforment en gaz ou en minéraux qui poursuivent leur chemin dans les bassins suivants, avec l'eau perdant jusqu'à 75 % de ses impuretés. Cet espace doit être nettoyé régulièrement.
Deuxième et troisième lagunes
La seconde lagune se charge de compléter le nettoyage, visant des contaminants biologiques et minéraux, tandis que la dernière lagune, où les eaux apparaissent claires, finalise le processus grâce à l’action de la flore aquatique. Ici, les macrophytes enrichissent l’eau, et divers organismes en font un environnement équilibré.
Avantages et inconvénients du lagunage
- Avantages :
- Écologique et respectueux de l'environnement
- Intégration harmonieuse dans le paysage
- Efficacité de décontamination élevée
- Investissement initial modéré
- Frais d'entretien réduits
- Durabilité
- Inconvénients :
- Besoin d'espaces importants
- Procédures administratives complexes
- Sensibilité aux variations saisonnières
- Entretien régulier nécessaire
- Problèmes potentiels avec la faune nuisible
Coûts de construction
Les coûts d'investissement dépendent de la taille et de la complexité de l'installation. En moyenne, il faut compter :
- Entre 3 500 et 5 000 € TTC pour une maison de 5 pièces.
- De 500 à 1 000 € TTC pour une étude préalable.







