Scanner ses aliments ou photographier son assiette avec son smartphone est devenu une tendance populaire pour surveiller son alimentation et faire des choix nutritionnels éclairés. Cela dit, il est crucial de rester prudent.
Des applications telles que Yuka, Kwalito, Open Food Facts ou Foodvisor se multiplient. En scannant les codes-barres des produits, elles évaluent leur qualité nutritionnelle, permettant ainsi de faire des choix plus conscients.
À première vue, ces outils sont très bénéfiques : pas besoin de passer des heures à analyser les étiquettes, car ces coaches numériques évaluent la composition et attribuent des notes aux aliments. Les produits trop gras, sucrés, salés ou caloriques reçoivent un carton rouge, encourageant l'utilisateur à opter pour des aliments plus sains, comme ceux signalés positivement par Yuka.
Les bénéfices d'une meilleure transparence
Dans un contexte où les consommateurs exigent plus de transparence, ces applications offrent un moyen pratique d'améliorer ses choix alimentaires, selon Laetitia Proust-Million, diététicienne-nutritionniste. "Ces outils sont intéressants pour obtenir des détails sur les additifs présents dans les aliments industriels", explique-t-elle. Néanmoins, elle insiste sur le fait que leur utilisation devrait rester occasionnelle. Les utilisateurs les plus passionnés pourraient être tentés de suivre à la lettre les recommandations des applis, ce qui risque de créer une vision manichéenne de l'alimentation. "Un aliment jugé rouge ne doit pas être systématiquement évité. Des produits non transformés, comme le beurre ou le sucre, peuvent faire partie d'une alimentation équilibrée s'ils sont consommés avec modération", met-elle en garde. L'important, selon l'experte, est de conserver une alimentation variée sans exclusions excessives.
Quand l'obsession peut nuire
Pour certaines personnes, la relation à l'alimentation est plus délicate. Ces applications, initialement conçues pour informer, peuvent transformer l'acte de manger en une obsession compulsive. L'utilisateur se retrouve alors à surveiller de manière excessive ses choix alimentaires, à traquer les produits sains ou à compter les calories. "Je déconseille de scanner tous les aliments, car cela peut mener à une obsession proche de l'orthorexie", une forme de mal-être liée à une obsession pour la 'bonne alimentation'.
Cependant, ces applications peuvent être utiles si elles sont utilisées avec discernement. En cas de doute, une alternative à l'utilisation de ces outils consiste à privilégier des aliments peu transformés, frais et de saison. Pas besoin d'assistance technologique : faire confiance à ses sensations et adopter une approche intuitive de l'alimentation semblent être des solutions plus saines.
Merci à Laetitia Proust-Millon, diététicienne-nutritionniste et co-auteure de Le grand livre de l'alimentation anti-inflammatoire (Leduc S. Éditions).







