Un rapport récent de l'Anses, publié en exclusivité par le Journal du Dimanche, fait état d'un lien avéré entre les nitrites présents dans la charcuterie et l'augmentation du risque de cancer, notamment celui du colon. Ces additifs alimentaires, comme l'E249 (nitrite de potassium) et l'E250 (nitrite de sodium), sont couramment utilisés dans environ 12 000 produits alimentaires en France, en particulier dans les jambons industriels.
Les préoccupations autour des nitrites
Des organisations telles que Foodwatch et la Ligue contre le cancer dénoncent depuis longtemps l'impact cancérigène de ces additifs. Le rapport de l'Anses met en avant les dangers liés à leur consommation, suggérant de réduire l'exposition de la population par des mesures volontaires. L'Organisation Mondiale de la Santé avait déjà observé en 2018 que près de 4 000 cas de cancers du colon sont attribuables à la charcuterie en France. Selon ce rapport, la toxicité des nitrites proviendrait de leur association avec d'autres composés présents dans la charcuterie.
État des lois en France
Un rapport de 2021, rédigé par trois députés, avait appelé à l'interdiction progressive des sels nitrités à partir de 2023 pour certaines catégories de produits. Bien que la loi ait été adoptée le 3 février 2022 à l'Assemblée nationale, elle n'a pas conduit à une interdiction totale des nitrites, mais a ouvert la voie à de futures régulations. Les associations se sont réjouies de la reconnaissance de la nécessité d'agir, tout en regrettant la lenteur dans la mise en œuvre des décisions.
Quels sont les effets des nitrites sur la santé ?
À peu près 76 % de la charcuterie en grande distribution contient des nitrates ou des nitrites. Ces additifs aident à prévenir la croissance de bactéries nocives comme Clostridium botulinum. Cependant, les nitrites peuvent également avoir des effets néfastes sur la santé humaine. Selon l'EFSA, ils réduisent la capacité des globules rouges à transporter l'oxygène et peuvent contribuer à la formation de composés cancérigènes, notamment les nitrosamines. La Ligue contre le cancer prévient que ces composés sont responsables de 4 000 nouveaux cas de cancers chaque année, en particulier des cancers colorectaux.







