Les agriculteurs de la Vienne en difficulté peuvent compter sur l’association Solidarité Paysans, qui a pour but d’offrir une oreille attentive et les aider à surmonter leurs obstacles sans jamais les juger.
Entre la fluctuation des prix des céréales, le coût du lait, les sécheresses et les inondations, la crise agricole devient un sujet de préoccupation majeur. Jean-Yves Caillé, en tant que responsable local de Solidarité Paysans Poitou-Charentes, déclare : « La crise agricole est multifactorielle ». Lors d'une assemblée générale récente au lycée agricole Xavier-Bernard à Rouillé, il a souligné comment la nature des problèmes a évolué. « Autrefois, nous aidions surtout sur des questions techniques ; aujourd'hui, c'est le mal-être et l'isolement qui prédominent. » Ce témoignage résonne avec le vécu de bien des agriculteurs de la région.
« On n’est pas là pour les juger mais pour les aider à y voir plus clair »
En 2025, l’association a suivi 51 familles, soit 17 de plus que l'année précédente, touchant tous les secteurs de l'agriculture. « Nous avons déjà reçu huit ou neuf appels depuis le début de l'année, ce n'est pas bon signe. » Chaque cas est unique ; certains se retrouvent dépassés par la paperasse, tandis que d'autres se battent contre la solitude. « Même les exploitations en bonne santé ressentent souvent un isolement pesant, et c’est là que l'aide est cruciale. » Jean-Yves insiste sur l'importance de ne pas rester seul face à ces défis.
L’an passé, nous avons vu des exploitations qui étaient viables, mais la solitude était insupportable.
Pour accomplir leur mission, l'association fait appel à une salariée de la chambre d'agriculture et une vingtaine de bénévoles, dont de nombreux anciens agriculteurs et professionnels du milieu agricole. Tous sont formés à l'écoute active, visant à poser des questions tout en laissant l'interlocuteur s'exprimer. Jean-Yves précise : « Nous ne sommes pas là pour donner des solutions, mais pour les aider à les trouver par eux-mêmes. »
Établir la confiance
Les résultats de leur activité sont variés : « Certains parviennent à se relever en un an, tandis que d’autres nécessitent un accompagnement sur deux décennies. » Pour faire face aux pensées sombres qui peuvent surgir chez leurs interlocuteurs, Jean-Yves considère que l'établissement d'une relation de confiance est primordial. « C'est seulement dans cette confiance que nous pouvons avancer ensemble et réaliser de belles choses. »
À quel âge font-ils appel à l’association ?
Solidarité Paysans a constaté que les agriculteurs les plus jeunes sont moins enclins à demander de l'aide, en comparaison avec ceux en fin de carrière.
- Moins de 30 ans : 4 %
- Entre 31 et 40 ans : 6 %
- Entre 41 et 50 ans : 38 %
- Entre 51 et 60 ans : 26 %
- Plus de 60 ans : 26 %.







