Artificier cordiste pour le Groupe F, Raphaël Borson, originaire de Lozère, se spécialise dans les événements pyrotechniques à travers le monde, le Moyen-Orient étant devenu sa seconde maison. mais cette dynamique a été brusquement interrompue par le conflit en cours en Iran, laissant son activité en suspens et l'engageant sur un chemin incertain.
À 44 ans, ce professionnel tire fierté de son métier, qui allie passion et technicité. "Ma mission consiste à transporter et placer des éléments pyrotechniques dans des lieux difficiles d'accès", explique-t-il. Il réalise ses interventions dans des hauteurs vertigineuses, souvent suspendu à des cordes, sur des infrastructures emblématiques comme le Burj Khalifa à Dubaï, mesurant 828 mètres, ou la Tour Eiffel lors des célébrations du 14 juillet.
Avant d'entrer dans le monde du pyrotechnie, Raphaël était moniteur d'escalade et guide de canyoning. "J'ai commencé à travailler sur corde pour diversifier mon activité, et puis, par un heureux hasard, j'ai découvert le monde de l'artifice. Depuis, je combine ces deux passions", confie-t-il. Ses talents l'ont mené à des événements prestigieux tels que les Jeux olympiques ou les Grands Prix de Formule 1, ainsi qu'à des célébrations locales plus intimes.
Ces dernières années, le Moyen-Orient s'est révélé être un marché florissant pour lui, avec des interventions régulières dans plusieurs pays comme l'Arabie Saoudite, le Qatar ou les Émirats, où une volonté de développer des événements festifs est palpable. Or, cette dynamique a brutalement pris fin en raison de la guerre en Iran : "C'est un arrêt immédiat. Tous nos projets là-bas ont été annulés", raconte-t-il. Ce mois-ci, des célébrations importantes, comme celles de l'Aïd dans plusieurs villes saoudiennes ou le Grand Prix de Formule 1 à Djeddah, ont dû être mises à l'écart.
L'incertitude règne désormais dans son secteur. "Nous attendons que la situation s'améliore, mais la visibilité est nulle", affirme-t-il. Alors qu'il cherche des opportunités ailleurs en Europe, notamment en Espagne ou au Portugal, il reste réaliste. "Après avoir traversé la crise du Covid, je sais que tout peut s'arrêter si vite", dit-il, gardant néanmoins espoir qu'une reprise rapide puisse survenir dans ces pays dotés des ressources nécessaires pour relancer les événements.
En attendant, Raphaël Borson espère un retour à la normale. "Ce que l'on peut souhaiter, c'est que les gens continuent de célébrer avec des feux d'artifice, comme avant cette situation précaire", conclut-il avec détermination.







