Les infrastructures énergétiques sont désormais au cœur des conflits au Moyen-Orient. Selon Anne-Sophie Corbeau, experte dans le domaine énergétique, les installations attaquées pourraient nécessiter une "longue période, voire des années" pour retrouver un fonctionnement normal.
Le complexe pétrochimique iranien a récemment été ciblé par des frappes israéliennes, conduisant l’Iran à riposter contre les infrastructures de Jubail, en Arabie Saoudite, dans la nuit du 6 avril. Depuis le début de la guerre, l’Agence internationale de l'énergie a enregistré 75 infrastructures énergétiques endommagées, avec plus d'un tiers des impacts considérés comme graves. Anne-Sophie Corbeau, chercheuse au Center on Global Energy Policy de l'Université de Columbia, met en garde sur le fait que ces destructions représentent "le principal risque de pénurie, bien plus que le blocage du détroit d’Ormuz".
Franceinfo a rapporté que Fatih Birol, directeur de l'Agence internationale de l'énergie, a récemment affirmé que la crise actuelle surpasse celles de 1973, 1979 et 2022 réunies. Partagez-vous son avis ?
Anne-Sophie Corbeau : Absolument, car non seulement les volumes de pétrole concernés sont significativement plus élevés, mais il s'agit aussi d'une crise touchant tant le pétrole que le gaz. Environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié transitent habituellement par le détroit d'Ormuz. Actuellement, ces flux sont quasiment inexistants pour le GNL, exacerbés par les attaques dirigées contre les infrastructures énergétiques à travers le Golfe Persique.







