La détection récente du virus de la peste porcine africaine en Espagne, en particulier dans la région de Barcelone, suscite des inquiétudes croissantes parmi les éleveurs. Alors même que le secteur porcin a connu une croissance marquée depuis les années 1980, la crainte d'une épizootie risque de compromettre cette dynamique. Un article du quotidien El País souligne cette préoccupation, explique que des mesures spéciales ont été instaurées pour protéger cette filière essentielle.
En mars dernier, un nouveau cas a été constaté dans la nature, même si aucune infection n’a été signalée dans les élevages environnants. Cette situation précaire pousse le secteur à adopter une posture défensive. Historiquement, l’industrie porcine européenne a été secouée par diverses épidémies. Depuis les années 1990, l’Allemagne a vu son cheptel diminuer de 43 % par rapport à 1987, indique El País, ajoutant que la Pologne et la Roumanie souffrent d’un déclin similaire. D’autres pays comme l’Italie poursuivent leur production malgré une crise sanitaire qui sévit depuis avril 2022. Actuellement, 13 pays européens sont en proie à la peste porcine africaine, l’Espagne rejoignant ce groupe après plus de trois décennies d’absence de cas.
La situation est d'autant plus préoccupante car l'Espagne possède la plus grande population porcine d'Europe, avec près de 33,8 millions de têtes. En outre, elle est quatrième à l'échelle mondiale pour sa production et ses niveaux de consommation atteignent 56,2 kilos par habitant et par an, juste après la Croatie avec 59,2 kilos.
À l'échelle mondiale, la Chine demeure le premier producteur de porc, avec plus de 434 millions de bêtes, et constitue également le principal importateur de viande porcine espagnole, selon des données du ministère de l'Agriculture espagnol. Les experts craignent maintenant que cette situation ne mette en péril non seulement les éleveurs nationaux, mais qu’elle ait également des répercussions sur les échanges internationaux de viande.







