"Le détroit d’Ormuz n’est qu’un simple exercice de simulation si la Chine et les États-Unis entrent en conflit. Le véritable point névralgique est à Malacca", affirme Vivian Balakrishnan en s'exprimant sur CNBC.
Ce dernier souligne l'importance des axes stratégiques, notant que Singapour se trouve sur l’une des principales voies commerciales mondiales.
Le détroit de Malacca, voisin d'un autre détroit stratégique - celui d’Ormuz - est crucial pour le commerce maritime, étant donné que près de 90.000 navires le traversent chaque année, acheminant notamment le pétrole du Moyen-Orient vers l’Asie.
Malacca, le goulet qui tient l’économie mondiale
Ce couloir vital de plus de 900 km assure la liaison entre l’océan Indien et le Pacifique, avec un passage critique de seulement 2,8 km de large près de Singapour. Sa fermeture pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l’économie mondiale.
La stratégie de la Chine face au dilemme de Malacca
En 2003, Hu Jintao évoque le "dilemme de Malacca", mettant en lumière la vulnérabilité de la Chine, dont 90 % des importations pétrolières passent par ce détroit. Cette dépendance a conduit à une intensification des efforts pour renforcer l'armée populaire et à développer les "nouvelles routes de la soie".
Le pays cherche à diversifier ses approvisionnements énergétiques, comme avec le Central Asia-China Gas Pipeline, qui contribue à réduire la dépendance vis-à-vis de Malacca.
Routes alternatives : vers une diversification
Pékin s'oriente également vers d'autres sources de pétrole, notamment la Russie, qui représente désormais près d’un baril sur cinq importés. En développant le China-Pakistan Economic Corridor, elle restreint également sa dépendance aux voies maritimes vulnérables.
Charles Lichfield, directeur adjoint au centre de géoéconomie de l’Atlantic Council, souligne la fragilité de la chaîne d’approvisionnement énergétique de la Chine dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes.
La nécessité d'une transition énergétique poussée par Xi Jinping pourrait également être une réponse à cette vulnérabilité, avec un objectif ambitieux de faire de la Chine le leader mondial dans ce domaine, en détenant une part importante des capacités de production.
Cependant, la dépendance aux matières premières critiques circulant par Malacca persiste, rendant le pays encore vulnérable face aux perturbations possibles de ces passages maritimes essentiels.







