Le processus de privatisation de TAP Air Portugal entre dans une phase déterminante. Le gouvernement portugais a officialisé que les groupes Air France-KLM et Lufthansa participeront à cette étape cruciale et devront faire parvenir leurs propositions contraignantes d’ici trois mois. Cette cession pourrait se traduire par la vente d'une part allant jusqu'à 49,9 % du capital de la compagnie, avec une possibilité d'allouer 5 % aux employés, selon les déclarations du ministre des Finances, Joaquim Miranda Sarmento.
"Ce concours entre deux des trois plus grandes compagnies aériennes européennes témoigne de l'attrait que suscite non seulement TAP, mais aussi le Portugal."
La décision finale devrait être annoncée "entre la fin août et le début septembre", ajoute Miguel Pinto Luz, ministre des Infrastructures. Les offres des deux parties semblent bien alignées sur les objectifs stratégiques que le gouvernement portugais a définis.
Initialement, Air France-KLM et Lufthansa étaient les seuls à exprimer leur intérêt dans la phase préliminaire, soumettant leurs offres non contraignantes auprès de l'agence Parpublica le 2 avril dernier. Compte tenu de ces développements, le groupe IAG, maison mère de British Airways, a décidé de se retirer de la compétition.
Un acteur clé dans le ciel européen
Renationalisée en 2020 en raison des impacts dévastateurs de la pandémie, TAP Air Portugal a reçu une aide d'État de 3,2 milliards d'euros contre un plan de restructuration, se repositionnant comme un acteur clé sur le marché aérien. Le transporteur français, dans sa réponse, a souligné son engagement fort envers TAP, espérant faire de Lisbonne son hub principal en Europe du Sud, tout en renforçant les liaisons à partir d'autres villes portugaises telles que Porto.
La compagnie portugaise possède des atouts significatifs, notamment sa position stratégique vers le Brésil, représentant 25 % de la capacité aérienne européenne vers cette destination, ainsi que des liens vers des pays africains lusophones et les États-Unis, depuis son hub de Lisbonne.
Côté finances, bien que TAP ait enregistré une chute de 92 % de son bénéfice net, s'établissant à 4,1 millions d'euros, son chiffre d'affaires a progressé de 1,2 % à 4,3 milliards d'euros, principalement en raison de la reprise des ventes de billets et des activités liées à la maintenance. Avec environ 7.700 employés, dont 1.200 pilotes, la compagnie dispose d'une flotte d'une centaine d'appareils Airbus.
Ces développements s'inscrivent dans un paysage aérien européen en pleine mutation. Lufthansa a récemment acquis le contrôle d'ITA Airways, tandis qu'Air France cherche à renforcer sa présence en intégrant la compagnie scandinave SAS, illustrant ainsi de nouvelles dynamiques dans le secteur.







