Le chef des députés socialistes Boris Vallaud soutient l'importance de la « démarchandisation » dans son prochain ouvrage.
Prévu pour le 24 avril 2026, son livre Nos vies ne sont pas des marchandises se focalise sur un terme qu'il a déjà introduit au dernier congrès du Parti Socialiste : la démarchandisation. En tant que député des Landes et critique ouvert de la direction actuelle du PS, Vallaud cherche à marquer de son empreinte les débats autour des futures élections présidentielles de 2027.
« Le monde est devenu une immense boutique, tout est à vendre, de la naissance à la mort », nous dit-il. Dans cet ouvrage, il évoque une multitude de domaines touchés par cette marchandisation, y compris l’eau, la santé, l’éducation et même notre temps libre et nos données personnelles.
Mettre des limites au marché
Vallaud confie qu'il est crucial pour la gauche de s'unir sous un mot d'ordre fort. « La démarchandisation peut jouer ce rôle », déclare-t-il dans une interview accordée à Le Nouvel Obs. Il affirme que des outils traditionnels de la social-démocratie ont leurs limites et qu'il est temps d'imposer des restrictions au marché.
Pour lui, démarchandiser ne signifie pas retourner vers un étatisme rigide, mais plutôt replacer le marché dans son cadre approprié. Cela pourrait passer par des nationalisations ciblées, sans toutefois vouloir tout étatiser.
Boris Vallaud propose des exemples inspirants de démarchandisation, tels que les régies publiques de l’eau, alors que certaines villes innovent avec des Ehpad et des crèches publiques. À Vienne, l'approche publique du logement est couronnée de succès, soulignant la possibilité d'une gestion publique efficace.
Un projet « socialisme de la vie »
Interrogé sur les implications budgétaires de cette démarche, il répond sur France Inter : « Penser que les marchés apportent des économies, c'est ne pas voir les véritables besoins de la société. » Vallaud présente sa vision comme un « socialisme de la vie », prônant un retour vers l'essentiel.
Cette initiative a su capter l'attention de Jean-Luc Mélenchon, qui propose d'en débattre. Cependant, Vallaud préfère un cadre neutre pour ces discussions, une position qui a conduit Mélenchon à retirer son invitation.
Face à ces enjeux cruciaux, la question demeure : la gauche saura-t-elle se fédérer autour de ce concept de démarchandisation avant les prochaines élections ? Une lutte qui pourrait redéfinir le paysage politique français.







