Sorti cette semaine aux États-Unis et en France, Michael propose une plongée dans l'ascension du roi de la pop, en évitant délibérément les accusations de pédocriminalité qui ont terni son héritage. Les critiques américaines jugent le film comme étant "sans relief", mais ne le condamnent pas totalement.
Le film choisit de concentrer son récit sur les premières décennies de la carrière de Jackson, passant sous silence des moments cruciaux de sa vie. Il dépeint un parcours flamboyant, mais certains experts trouvent cette approche simpliste. “Ce Michael est sans relief, à peine humain,” critique The New York Times, affirmant que le long métrage manque de profondeur.
Des journalistes s’interrogent sur cette omission significative, étant donné l'impact complexe de Jackson sur la musique du XXe siècle. Si Thriller est, à ce jour, l'album le plus vendu, l’artiste était également entouré de controverses, dont les accusations de pédocriminalité qui ont émergé dans les années 1990.
Sous silence
Le film s’arrête en 1988, ce qui, selon le Los Angeles Times, permet de mettre en avant le talent brut et l’ambition des Jackson : une famille de musiciens modestes propulsés sur le devant de la scène. Toutefois, cette approche est critiquée pour son omission des éléments sombres qui ont marqué la vie de Jackson, notamment les accusations qui ont conduit à des enquêtes du FBI.
Les critiques estiment que le biopic offre une version trop édulcorée de l’artiste. Il laisse de côté, par exemple, la dimension dramatique de la transformation physique de Jackson, souvent controversée.
Antoine Fuqua, le réalisateur, fournit une esthétique classique, recréant des moments mémorables de la carrière du chanteur, mais le film échoue parfois à capturer l'intensité de son processus créatif. “Il manque des scènes où l’artiste, en proie au doute, trouve finalement l’inspiration,” note le New York Times.
Une affaire de famille
La production, intrinsèquement familiale, a vu la participation de Prince Jackson, l’un des fils de Michael, en tant que coproducteur. En effet, le rôle de Michael est interprété par Jaafar Jackson, neveu de l’artiste, qui, selon le Los Angeles Times, parvient à rendre hommage à l’original tout en capturant ses nuances.
Les réactions sont diversifiées ; certains critiques saluent la performance de Jaafar, tandis que d'autres soulignent que le film renvoie une image trop unidimensionnelle du chanteur.
“Un enfant prodige, une bête de scène et rien de plus,”résume un observateur.
Du monde en salle ?
Malgré ces critiques, la popularité de Michael Jackson pourrait garantir le succès du film au box-office, comme l'indiquent des productions antérieures telles que This Is It. The Hollywood Reporter prévoit une affluence notable, arguant que de nombreux fans apprécieront le parcours légendaire du chanteur, même si celui-ci est présenté sans les zones d’ombre.
Alors qu’une partie de la presse est plus critique, Variety loue le film comme un “biopic captivant mais sans prétention”, soulignant sa capacité à raconter comment Michael a pu se libérer de l’emprise de son passé. Il reste à voir comment le public réagira à cette version édulcorée de la vie de l’artiste, qui, malgré tout, continue de fasciner.







