Au Japon, les distributeurs automatiques, présents dans tous les coins et recoins du pays, sont en pleine mutation. Longtemps symbole d’accessibilité, ces machines se retrouvent maintenant confrontées à des défis financiers majeurs dus à l'inflation croissante.
Proposant une variété incroyable de boissons, allant du thé glacé au café, ces dispositifs sont maintenant en train de prendre du recul. Le groupe DyDo, un acteur majeur du secteur, a récemment annoncé la suppression de 20 000 de ses machines d'ici début 2027, représentant 7% de son réseau national, dans le but de garantir la rentabilité de ses opérations.
En outre, Pokka Sapporo, basée à Nagoya, a proposé de céder son parc de 40 000 automates à Lifedrink, une entreprise d'Osaka. Selon une porte-parole de Pokka Sapporo, « la montée des prix catalogue pousse les consommateurs vers des alternatives moins chères ».
Tetsuharu Kawaguchi, employé de 31 ans, constate ce changement dans ses choix. « Une bouteille d'eau peut coûter jusqu'à 130 yens dans un distributeur, alors que c'est souvent moins cher dans un konbini », explique-t-il. Ce phénomène est d'autant plus marqué dans un Japon qui lutte contre une inflation dépassant les 2 % depuis l'année dernière, après plusieurs années de déflation.
Les experts soulignent que la hausse des coûts du carburant et de la main-d'œuvre affecte directement les marges bénéficiaires des exploitants. Kazuhiro Miyashita, de l'institut Inryo Soken, affirme que « des réductions de coûts pourraient permettre aux distributeurs de rester compétitifs face aux supérettes ».
Par ailleurs, la sensibilisation croissante à des pratiques écoresponsables pousse également à la baisse de l’utilisation de ces machines. Takayuki Ishizaki, expert au Nomura Research Institute, note que de plus en plus de personnes optent pour leurs propres contenants. Il souligne néanmoins que ces distributeurs ne vont pas disparaître rapidement, grâce à leur accessibilité indéniable.
« La capacité à trouver une machine à quelques pas est un atout indéniable pour leur survie », conclut-il. Taisuke Oguro, coiffeur à Tokyo, partage cet avis, affirmant que « sans les konbini, ces distributeurs sont très pratiques ».
Ainsi, tandis que les défis augmentent, les distributeurs automatiques japonais semblent évoluer vers une implantation plus minutieuse, adaptant leur présence aux nouvelles réalités économiques.







