L'Union européenne assure actuellement qu'elle est à l'abri des pénuries de kérosène, mais elle se prépare tout de même à recourir au carburant américain « Jet A » en cas de besoin. Moins coûteux, ce carburant présente également l'inconvénient de geler plus rapidement.
Face à l'augmentation des prix de l'aviation, l'UE scrute toutes les possibilités pour éviter d'éventuelles pénuries cet été. Des sources telles que Le Parisien rapportent que l'Union pourrait faire appel au « Jet A » américain.
Récemment, l'Agence de l'UE pour la sécurité aérienne (AESA) a donné son feu vert à l'utilisation de ce kérosène produit aux États-Unis, actuellement non distribué en Europe en raison de contraintes techniques.
« Le Jet A est largement utilisé pour les vols aux États-Unis et au Canada, et son introduction en Europe ne poserait pas de problème de sécurité, à condition d'en gérer correctement les modalités », a précisé un porte-parole de l'agence.
Le kérosène américain, une solution ?
Le « Jet A », qui se distingue du Jet A-1 utilisé à l’international, n'est pas actuellement accessible en Europe, sauf pour les vols revenant des États-Unis. Ses normes de fabrication sont en effet moins strictes, notamment en ce qui concerne la résistance aux températures extrêmes lors des longs vols.
Stuart Fox, directeur des opérations en vol de l'Iata, a déclaré à l'AFP : « Bien que très similaires, les deux types de kérosène ne sont pas identiques. »
Compatible avec quasiment tous les appareils à réaction, le Jet A permet également de faire fonctionner des hélicoptères et des avions à turbopropulseurs. Bien que légèrement moins coûteux à produire, il présente le désavantage de geler à des températures inférieures à -41 °C. Cela limite les opérations des appareils équipés principalement du Jet A-1, notamment sur les liaisons long-courriers, comme le souligne Fox dans un article de l'Iata.
Des risques opérationnels ?
Les compagnies aériennes nord-américaines mélangent souvent le Jet A avec un additif pour en améliorer les performances par temps froid. « Cela leur permet de desservir des endroits comme Fairbanks, en Alaska, où le mercure peut descendre à -30 °C », a-t-il ajouté.
L'expert souligne que beaucoup de compagnies aériennes canadiennes fonctionnent déjà avec les deux types de kérosène selon les saisons.
Alors que l'UE envisage cette option, certaines entreprises aériennes sont prêtes à l’adopter dès cet été. Bien que l'AESA ait minimisé les risques de sécurité, elle a averti que l'utilisation simultanée des deux carburants pourrait engendrer des complications opérationnelles.
Bruxelles insiste également sur l'importance des carburants d'aviation d'origine non fossile (SAF) pour l'avenir. « Cette crise devrait inciter les États à investir davantage dans les carburants alternatifs, non seulement pour des raisons environnementales, mais aussi de souveraineté énergétique », a affirmé Matteo Mirolo à TF1.
Enfin, la guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz ont entraîné une hausse des prix du carburant pour l'aviation, attirant l'attention sur la possibilité de pénuries cet été. Toutefois, les autorités européennes continuent de gérer la situation avec optimisme.
Du côté français, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a affirmé mercredi qu'il n'y avait « aucune crainte » de pénurie en mai et juin, et « sans doute peu de risques » par la suite.







