Prendre un appartement à Paris devient de plus en plus lourd financièrement. Une étude récente de l'Insee et de l’Institut Paris Région (IPR) montre que près de la moitié des locataires du parc privé parisien dépensent plus de 34 % de leurs ressources pour leur loyer, alors même que l’offre de logements privés a chuté de 3 % entre 2006 et 2022. Ce phénomène est particulièrement alarmant dans le contexte actuel où le taux d’effort pour le logement est jugé excessif au-delà de 35 % ou 40 %.
Les femmes seules sont les plus touchées : une sur deux consacre au moins 42 % de ses revenus au loyer, comparé à 39 % pour les familles monoparentales et 38 % pour les hommes seuls, révèle l’Insee, en collaboration avec l’Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne (Olap). De plus, les jeunes locataires, en particulier ceux de moins de 30 ans, sont aussi confrontés à des coûts exorbitants, avec un sur deux dépensant la moitié de ses ressources pour se loger.
Une offre de logements insuffisante face à une demande croissante
Ces données sont présentées avant déduction des aides au logement. Au niveau national, le taux d'effort pour les locataires privés était de 26,5 % en 2020, juste après déduction des aides. À Paris, environ 17 % des locataires bénéficient de ces aides, mais parmi eux, 80 % dépensent plus d’un tiers de leurs revenus pour leur logement. L’Insee souligne que ces aides sont perçues comme un moyen d’atténuer la charge financière, plutôt que comme une amélioration du revenu.
La flambée des loyers à Paris est alimentée par le manque de logements disponibles. Selon l’IPR, le parc de logements privés à louer a connu une diminution de 16.208 unités entre 2006 et 2022. Emmanuel Trouillard, chargé d’études habitat à l’IPR, déclare : « Il y a un problème dans l’hypercentre, mais la situation du parc locatif privé dans son ensemble n’est pas catastrophique. »
Un marché locatif en déséquilibre
À l’échelle régionale, l’offre locative a toutefois augmenté de 15 % durant la même période, notamment en grande couronne, où elle a progressé de 42 %. L’IPR indique également qu’une part croissante des logements est secondaire ou vacante, atteignant 11,2 % en 2022. Ce déclin du parc locatif à Paris est attribué à une « dégradation de la rentabilité locative », notamment à cause de l'écart entre l'augmentation des prix immobiliers et celle des salaires, selon Emmanuel Trouillard.
Il faut noter que certains professionnels de l'immobilier pointent l'encadrement des loyers comme une cause possible de cette diminution. Toutefois, Trouillard suggère que ce facteur n'est pas le principal motif. Les investisseurs semblent se tourner de plus en plus vers le reste de l'Ile-de-France, où les opportunités de location sont en hausse, en particulier en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne.







