Selon l'Institut Paris Région (IPR), le parc locatif privé à Paris a chuté de 3% entre 2006 et 2022, équivalant à plus de 16 200 logements perdus. En revanche, la région Île-de-France, spécialement la petite et grande couronne, a vu une hausse significative de l'offre locative, augmentant de 15% durant la même période.
En détail, la grande couronne a enregistré une augmentation de 42% (+137 500 logements), tandis que la petite couronne a vu une progression de 23,7% (+112 200 logements) selon l'étude. Emmanuel Trouillard, chargé d'études à l'IPR, émet l'hypothèse que cette dynamique ne représente pas nécessairement une détérioration globale de la situation locative, malgré des problèmes existants dans le centre de la capitale.
"Il existe un décalage entre les hausses des prix immobiliers et les loyers, rendant l'accès au logement plus difficile pour les familles", observe Trouillard.
D'un autre côté, depuis 1999, la proportion de logements sociaux en Île-de-France a vu une baisse, alors que celle des logements vacants a connu une recrudescence, atteignant 11,2% en 2022. À Paris, ces logements inoccupés représentent 28% du parc privé, et le nouveau gouvernement parisien projette de doubler la taxe sur les logements vacants d'ici 2027.
Une offre de logements meublés en forte augmentation
Une autre tendance mise en avant par l'IPR est l'essor des logements meublés, ayant doublé en Île-de-France entre 2006 et 2022 et représentant aujourd'hui près de 23% de l'offre. À Paris, cette catégorie est sur-représentée, avec 42% des logements meublés de la région.
"Cette situation accentue une sélectivité sociale dans l'accès au logement", précise l'Institut. En effet, en 2022, 63% des logements à louer comportaient deux pièces ou moins, tandis que ceux de 4 pièces ou plus ne constituaient que 14,5%, rendant l'accès au parc privé encore plus difficile pour les ménages.
En conclusion, alors que la grande couronne attire de nouveaux locataires et offre davantage de choix, la ville lumière voit son parc locatif se réduire, soulevant des interrogations sur l'avenir de la structure résidentielle parisienne.







