La situation demeure "extrêmement fragile" à Gaza, malgré le cessez-le-feu établi depuis octobre dernier, après deux années de conflit dévastateur. C'est ce qu'affirme Médecins sans frontières (MSF), qui, le 7 mai, a accusé Israël d'avoir restreint l'accès à la nourriture et à l'aide humanitaire dans le territoire palestinien. Cette situation a provoqué une "crise de malnutrition artificielle", aux conséquences dramatiques pour les nourrissons ainsi que les femmes enceintes et allaitantes. Malgré le cessez-le-feu, les conditions restent critiques, et MSF appelle Israël à permettre l'entrée immédiate de l'aide humanitaire sans entrave.
Selon cette ONG internationale, une analyse des conditions sanitaires entre fin 2024 et début 2026 dans quatre structures médicales soutenues par MSF révèle une augmentation alarmante des taux de prématurité et de mortalité infantile, associée à la malnutrition des mères. MSF établit un lien direct entre ces problèmes et le blocus israélien, ainsi que les attaques visant les infrastructures civiles, notamment médicales.
La crise de malnutrition est entièrement provoquée
Sur le terrain, "la crise de malnutrition est entièrement provoquée", déclare Merce Rocaspana, responsable médicale de MSF pour les urgences, dans un communiqué. Avant le déclenchement du conflit en octobre 2023, "la malnutrition à Gaza était pratiquement inexistante", précise-t-elle.
MSF met également en lumière la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), un organisme soutenu par les États-Unis et Israël, créé en 2024 pour gérer l'humanitaire à Gaza avant d'être dissous en novembre 2025. Lors de l'arrivée de la GHF, le nombre de points de distribution alimentaire est tombé de 400 à seulement quatre, avec des conditions de distribution qui étaient "militarisées et dangereuses", souligne Jose Mas, responsable de l'unité d'urgence de MSF.







