l'essentiel
La souche "Andes" du hantavirus suscite des inquiétudes après trois décès à bord d'un navire. Bien que sa transmission interhumaine soit rare, la situation exige un suivi international rapproché.
Selon l'OMS, l'hantavirus responsable des décès sur le MV Hondius, actuellement au Cap-Vert, appartient à la souche "Andes", la seule connue pour se transmettre d'humain à humain. Pour discuter de ces événements tragiques, nous avons interrogé le docteur Vincent Ronin, médecin infectiologue à l'Inserm, spécialisé dans les maladies infectieuses émergentes.
De nouvelles informations relatives au hantavirus à bord du MV Hondius ont fait surface. Que pouvez-vous nous en dire ?
Docteur Vincent Ronin : La souche "Andes" est unique, souvent retrouvée dans la partie extrême sud de l'Amérique latine, notamment en Argentine. Contrairement au Covid-19, qui était une maladie émergente, l'hantavirus existe déjà dans les populations avec plusieurs milliers de cas mondiaux chaque année, dont une centaine en France.
Comment le virus se transmet-il habituellement ?
La transmission traditionnelle se fait par contact avec les urines ou les excréments de rongeurs en milieu sauvage. Par exemple, une personne nettoyant un espace abandonné peut inhaler des particules virales aéroportées après avoir dérangé des déchets contaminés. En règle générale, la propagation interhumaine est inexistante.
La croisière présente-t-elle des risques particuliers ?
Absolument. Les conditions dans lesquelles se trouvent les passagers en font un cas d'étude exceptionnel. Dans un espace confiné avec une circulation d'air limitée, le virus peut se propager plus facilement. De plus, la plupart des passagers sont âgés, parfois avec des antécédents médicaux qui les rendent plus vulnérables.
Doit-on s'inquiéter d'une potentielle pandémie ?
Il est essentiel d'adopter une approche pondérée. Même en Argentine, où le virus est endémique, aucune alerte de transmission communautaire majeure n’a été émise. Si le hantavirus était aussi contagieux que la grippe, les autorités argentine auraient déjà signalé des cas. En dehors des conditions de promiscuité du navire, la propagation semble contenue.
Y a-t-il un traitement ou un vaccin efficace ?
Malheureusement, c'est l'un des points faibles. Avec un nombre relativement limité de cas, la recherche de traitements spécifiques est lente. Il n'existe pas actuellement de traitements antiviraux reconnus ; les soins restent de support. Des recherches sur des vaccins se poursuivent, en particulier en Asie, mais leur efficacité est souvent mise en question.
Quelles seront les prochaines étapes pour les passagers du MV Hondius ?
Une enquête épidémiologique est en cours pour identifier les personnes ayant été en contact avec les malades. À leur retour, une surveillance active sera nécessaire pendant six semaines, délai d'incubation du virus, afin de détecter d'éventuels nouveaux cas. La prudence est de mise, mais la situation est actuellement maîtrisée.







