Lors d'une récente réunion avec des investisseurs, Amin Nasser, le directeur général du géant pétrolier saoudien Aramco, a exprimé des inquiétudes sur l'état actuel des marchés énergétiques. Il a qualifié la situation actuelle de "plus grand choc énergétique" de l'histoire, suggérant qu'un retour à la normale pourrait ne pas se réaliser avant 2027. Selon Nasser, même si le détroit d'Ormuz se rouvrait immédiatement, un rééquilibrage du marché prendrait encore plusieurs mois.
"La réouverture immédiate du détroit d'Ormuz n'irait pas de pair avec une correction rapide des prix", a-t-il déclaré. Cette déclaration fait suite à des vidéos de guerre et d'agitation au Moyen-Orient, qui ont fortement perturbé l'approvisionnement en pétrole, entraînant une contraction significative de l'offre mondiale. Aramco a récemment annoncé des bénéfices en hausse de 26 % au premier trimestre, atteignant 33,6 milliards de dollars, ce qui témoigne d'une forte demande malgré la crise.
Le conflit en cours a conduit à une perte d'approvisionnement estimée à un milliard de barils de pétrole, a précisé Nasser. Cependant, l'entreprise a réussi à compenser partiellement ce manque grâce à des alternatives comme l'oléoduc Est-Ouest, qui atteint sa capacité maximale de 7 millions de barils par jour. Il a ajouté que cette infrastructure est cruciale pour offrir une solution aux clients en difficulté due à la navigation restreinte dans le détroit.
Une crise qui s'annonce prolongée
Anticipant une augmentation de la demande une fois le détroit d'Ormuz opérationnel, d'autres experts du secteur, tels que Fatih Birol, directeur de l'Agence internationale de l'énergie, partagent les inquiétudes de Nasser. Il a estimé que la situation actuelle pourrait s'étendre sur deux ans avant que les niveaux d'approvisionnement d'avant conflit ne soient rétablis.
"Il est important de ne pas faire l'erreur de penser que la normalité sera atteinte rapidement. Des efforts significatifs et des investissements considérables seront nécessaires pour retrouver les niveaux d'approvisionnement d'avant la crise", a-t-il averti.
Selon l'AIE, plus d'un tiers des infrastructures énergétiques des pays du Golfe ont été gravement touchées durant les heurts récents, exacerbant encore la crise. Les prix du pétrole demeurent élevés en raison des incertitudes s'attachant à un éventuel accord entre les États-Unis et l'Iran pour mettre un terme au conflit.
"Le trafic dans le détroit d'Ormuz est presque inexistant, et la situation au Moyen-Orient reste tendue", conclut François Rimeu, analyste chez Crédit Mutuel AM. Cette incertitude continue de faire peser des menaces sur les marchés pétroliers mondiaux, rendant la stabilisation encore plus problématique.







