Le magasin Bouchara, cher aux Palois depuis 1996, fait face à une fermeture définitive dans le cadre d'un plan de restructuration approuvé par le tribunal des activités économiques de Paris. Alors que la concurrence du commerce en ligne et des acteurs à bas prix continue d'affecter le secteur, seulement 25 des 52 magasins Bouchara en France ont survécu à cette vague de licenciements.
Ce mardi, des déménageurs s'affairaient à vider les lieux situés rue Serviez, laissant derrière eux des rayons qui se désemplissent peu à peu. "Tout doit être emballé pour un départ prévu d’ici mercredi midi", annonçait Stéphane Paul, l'ex-directeur de l'enseigne, visiblement touché par la situation. "C'est un crève-cœur. Cela fait six ans que je suis ici, voir les cartons s'amonceler est vraiment désolant".
Depuis son ouverture, Bouchara avait su s'imposer dans le paysage commercial palois, mais un avis de redressement judiciaire a été rendu en janvier dernier, résultat d'une baisse significative de la consommation et d'une concurrence accrue. Dans des déclarations récentes à France Bleu, Stéphane Paul a souligné les impacts dévastateurs de la fermeture pour les locaux et les clients qui voyaient le magasin comme un pilier de la communauté.
Les meubles invendus, ainsi que certaines pièces de mobilier, seront transférés au magasin de Bordeaux, l'une des rares succursales à être maintenues. Pendant que la fermeture se concrétise, le reste de la clientèle manifeste son choc devant l’enseigne, affichant une pancarte de remerciement des employés. Des témoignages comme celui de Corinne, habituée des lieux, se sont multipliés: "Je suis abasourdie. L'équipe était sympa et l'offre de qualité. C'est triste d'en parler au passé". Hayat, une cliente d'origine lyonnaise, partage également cette nostalgie : "Je venais plusieurs fois par an, et chaque visite était une satisfaction. C'est un commerce de plus qui ferme son porte au centre-ville".
La situation de Bouchara s'inscrit dans une série de difficultés pour le secteur, où des enseignes comme Habitat avaient aussi été liquidées précédemment. Avec des prévisions de chiffre d'affaires en chute de 8,6 millions d'euros pour 2025, le repreneur AA Investments, propriétaire de la marque Françoise Saget, fait état de 'synergies' potentielles mais pour la franchise de Pau, le rideau est désormais tombé.







