La compagnie minière Fortescue, un poids lourd de l'industrie du minerai de fer, a été sommé mardi de régler une amende de 108 millions de dollars en raison des dommages culturels infligés à la communauté Yindjibarndi. Cette décision pourrait marquer un tournant majeur dans la compensation des préjudices causés aux peuples autochtones d'Australie, étant la plus conséquente jamais prononcée dans ce contexte.
Depuis le lancement de son exploitation en 2013, la mine de Fortescue a engendré des revenus frappants de 80 milliards de dollars. Cependant, ce succès économique a été assombri par des activités jugées destructrices pour les terres ancestrales des Yindjibarndi, dont l'exploitation a été autorisée par le gouvernement d'Australie-Occidentale sans l'aval des propriétaires traditionnels.
Le juge Stephen Burley a dressé un tableau troublant des conséquences de cette exploitation : des centaines de sites patrimoniaux ont été irrémédiablement perdus, recouverts par des infrastructures minières et des décharges, comme l'a rapporté The Guardian. Il a également ordonné la clôture d'une zone de 135 km² pour protéger le hub minier "Solomon", en raison des dangers qu'il présente pour la communauté.
Une demande d'indemnisation bien plus élevée
Bien que le tribunal ait estimé le préjudice culturel à 150 millions de dollars australiens, soit environ 108 millions de dollars, cette décision ne satisfait pas entièrement les aspirations des Yindjibarndi. En effet, la Yindjibarndi Ngurra Aboriginal Corporation avait initialement réclamé 800 millions de dollars australiens pour les pertes économiques et un milliard pour les dommages culturels.
Un procès emblématique pour les droits autochtones
En 2023, lors d'une visite dans la région de Pilbara, Burley a entendu des témoignages poignants de membres de la communauté, qui lui ont décrit des terres devenues "stériles" à la suite de l'exploitation minière. La salle d'audience était remplie de représentants de la communauté, dont des aînés, des enfants et des bébés, illustrant l'importance de ce procès, qui remonte à près de vingt ans, depuis la première demande de reconnaissance des droits fonciers autochtones de 2003.
Fortescue, dirigé par Andrew Forrest, a reconnu le droit des Yindjibarndi à une indemnisation et a affirmé collaborer avec les communautés autochtones pour une gestion responsable de leur patrimoine culturel. Une position qui, bien que saluée, pose encore question quant aux véritables engagements pris par les industriels vis-à-vis des droits autochtones.







