La Cour constitutionnelle sud-africaine a relancé une procédure de destitution à l'encontre de Cyril Ramaphosa, président du pays, empêtré dans un scandale révélant un vol de 580 000 dollars en espèces, cachés dans son canapé. Cette affaire le place dans une position délicate.
“L’heure de vérité”, titre l’édition récente de l'hebdomadaire Mail & Guardian, illustrant une image du président sur un canapé rempli de billets, le visage grave. Au moment de la publication, le chef de l'État attendait une décision de la Cour concernant la résurrection d'une procédure de destitution abandonnée par le parlement en 2022.
Le lendemain, la cour a pris sa décision.
À l'origine de cet imbroglio, un incident peu commun survenu en juin 2022, lorsque l'ancien chef des services de renseignement, Arthur Fraser, a dénoncé un vol spectaculaire dont Ramaphosa aurait été la victime dans sa ferme de Phala Phala, au Limpopo. Selon Fraser, les cambrioleurs auraient emporté une somme colossale, sans que cela ne soit signalé à la police, et des agents de sécurité auraient même tenté de les poursuivre jusqu'en Namibie.
La présidence a finalement confirmé le vol tout en niant certaines accusations. Ramaphosa a expliqué que la somme d'argent provenait de la vente d'un bétail rare, une de ses passions, mais cette justification ne convainc pas tout le monde.
L’aube d’un nouveau chapitre en péril
Une enquête préliminaire menée par un panel indépendant a désormais mis en lumière des violations potentielles de la Constitution par le président. En novembre 2022, ce rapport avait mis en évidence que Ramaphosa, “à première vue”, avait commis une faute grave, entraînant des recommandations pour une enquête approfondie, laissant présager une procédure de destitution au sein de l'Assemblée nationale.
Bien que cette recommandation ait été rejetée à l'époque, la cour a déclaré le 8 mai 2026 que ce refus était inconstitutionnel, exigeant ainsi la constitution d'un comité de destitution.
Cette situation représente un revers dur pour le président, qui s'était engagé pour une “aube nouvelle”, promettant de faire disparaître la corruption systématique de l'administration précédente. Avec la pression croissante, Ramaphosa, après avoir envisagé la démission, a choisi de contester les conclusions du panel, qu'il juge “défaillantes”.
Cette procédure pourrait lui offrir un répit dans un climat où son parti, le ANC, qui a récemment perdu sa majorité, semble moins capable de le soutenir. Le fondateur de l'Afrique du Sud moderne pourrait-il ainsi voir son rêve de renouveau s'évanouir ?







