Une étude récente de l'observatoire Hexagone met en lumière l'échec de la politique économique d'Emmanuel Macron depuis 2017.
Neuf ans après l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence, le récit du « Mozart de la finance » se heurte à la réalité des chiffres. Selon l’étude, publiée par l’observatoire Hexagone, les données compilées par la Commission européenne montrent que les finances publiques françaises sont dans une situation critique.
Le constat est sévère : malgré les dépenses massives, principalement destinées à soutenir la protection sociale, la France apparaît comme l'un des pays les plus vulnérables d'Europe. En 2025, la France pourrait enregistrer le deuxième plus grand déficit de la zone euro, avec un taux de -5,1 %, juste derrière la Belgique.
Une tendance inquiétante vers un déficit record
Les prévisions pour 2027 sont encore plus préoccupantes : la France pourrait devenir le pays avec le déficit public le plus élevé de toute la zone euro. Cette situation contribue à un endettement qui dépasse désormais les niveaux atteints lors de la crise du Covid-19. Depuis le début du mandat d'Emmanuel Macron, la France a vu sa dette publique augmenter de 17 points de PIB, représentant la deuxième plus forte hausse de la zone euro.
Pourtant, cette politique de dépenses élevées n'a pas engendré les résultats escomptés. Bien que l'État soit intervenu massivement, la croissance de l'économie française reste molle. Depuis 2017, la France connaît la cinquième plus faible croissance économique de l'UE. "Normalement, un pays qui s'endette autant devrait voir sa croissance suivre", déclare François Pierrard, fondateur de l'observatoire Hexagone. "Les pays européens ayant enregistré la meilleure croissance ne se sont pas endettés aussi rapidement que la France", ajoute-t-il.
Souvent considéré comme un des principaux succès du macronisme, le marché de l'emploi démontre également des résultats plus nuancés. Bien que plus de 2,5 millions d'emplois aient été créés depuis 2017, la progression de l'emploi n'atteint qu'environ 9 %, soit un niveau similaire à la moyenne européenne.
"Le Conseil d’orientation des retraites compte sur une augmentation de productivité de 1 % par an pour maintenir le modèle social français. Or, nous en sommes très loin..."
Encore plus alarmante, l'étude d'Hexagone révèle des inquiétudes concernant la qualité et la productivité de ces emplois créés. La France affiche l'une des plus mauvaises évolutions de productivité du continent, et la richesse produite par heure de travail a même reculé de 0,6 % depuis 2017. Entre 2017 et 2027, la productivité devrait à peine croître de 0,9 %.
François Pierrard s’inquiète : "C’est très préoccupant pour le financement du modèle social français, qui dépend largement des gains de productivité. Le Conseil d’orientation des retraites mise sur un grain de productivité de 1 % par an pour maintenir notre système, et ce n’est pas le cas actuellement..."
Bien que l'étude d'Hexagone ne propose pas de recommandations politiques, elle présente un tableau sans équivoque : la France a dépensé plus que ses voisins, s'est davantage endettée sans bénéficier de croissance ni d'amélioration de sa productivité. Une réalité difficile à ignorer pour les futurs dirigeants d'Emmanuel Macron, qui aspirent à revendiquer un héritage positif après une décennie au pouvoir.







