Malgré une progression notable des ventes de voitures, comme le souligne un rapport de l'ACEA, Emanuele Cappellano considère l'Europe comme le "marché le plus difficile". Lors d'une présentation à des médias, il a détaillé les raisons qui alimentent cette conviction, notamment la perte de parts de marché du constructeur.
"La rentabilité des véhicules 100% électriques est moins élevée que celle des modèles thermiques. Ainsi, à mesure que le secteur évolue vers l'électrique, la marge moyenne s'affaisse," a-t-il noté, en évoquant les récentes tendances de vente.
Cappellano a également critiqué une réglementation de l'UE insuffisamment précisée, qui crée une "absence de clarté, tuant ainsi de nombreux acteurs du secteur". En réponse à ces défis, Stellantis a récemment lancé un projet ambitieux: une petite voiture électrique à moins de 15 000 euros pour le marché européen, une initiative audacieuse au regard des enjeux de rentabilité.
"Pour les véhicules les moins chers, il est aujourd'hui compliqué de rester compétitifs tout en étant électriques. C'est pourquoi il est primordial que la réglementation à venir soutienne ces modèles," a-t-il ajouté.
Actuellement, Cappellano précise que seuls les segments compacts (C) et berlines (D) peuvent absorber les coûts de l'électrification grâce à des prix de vente plus élevés. Il remarque aussi avec regret qu'aucun véhicule ne se vend désormais sous 15 000 euros, alors qu'il y a cinq ans, ils étaient nombreux.
"La montée des coûts liée à l'électrification et à la réglementation rend ces véhicules inaccessibles à une grande partie des clients potentiels," a-t-il observé.
Malgré ces défis, le futur du marché automobile européen semble incertain, selon Cappellano, qui ne croit pas à un retour rapide aux niveaux de vente d'avant la pandémie. "Nous avons perdu 3 millions de véhicules, ce qui est considérable. D'ici 2035, je ne pense pas que l'industrie retrouvera son niveau initial," a-t-il déclaré.
Concernant l'avenir des produits Stellantis, sur les 60 lancements annoncés d'ici 2030, 25 seraient prévus en Europe, avec un investissement annoncé d'un milliard d'euros pour une nouvelle ligne de production de véhicules électriques à Mulhouse, en France, bien que cela n'ait pas été confirmé par le groupe jusqu'à présent.







