En prévision d'une proposition de loi qui sera discutée à l'Assemblée nationale début juin, un Toulousain, Jean-François Roussel, a initié une pétition jour après avoir perdu son épouse d’un cancer du pancréas l’été dernier. Cette démarche vise à réduire les limites de cadmium dans les engrais utilisés pour l'agriculture française.
Connu comme un “poison sanitaire”, le cadmium est reconnu pour sa dangerosité, en particulier en raison de son association avec divers cancers, ainsi que d'autres problèmes de santé tels que l'ostéoporose et l'infertilité. Ce métal lourd, intégré dans de nombreux engrais phosphatés, devrait faire l'objet d'un débat crucial lors de la semaine transpartisane de l'Assemblée nationale, à compter du 1er juin.
Cette loi, portée par les députés Benoît Biteau et Clémentine Autin, propose une réduction de la teneur maximale de cadmium admise dans les engrais, passant de 90 mg/kg à seulement 20 mg/kg d'ici 2030. Alors que la mobilisation autour de ce sujet grandit, la pétition de Jean-François et son fils Alexandre a déjà récolté plus de 100 000 signatures.
“Lorsque ma femme, âgée de 58 ans, a reçu son diagnostic de cancer du pancréas, les médecins ont évoqué des traces élevées de cadmium dans son organisme”, raconte Jean-François. “L’urgence était telle que nous n’avons pas pu effectuer tous les tests nécessaires. Trois mois après, elle nous a quittés.”
Les alarmes autour de la contamination par le cadmium se multiplient. En effet, selon un rapport de l’ANSES, la France pourrait faire face à une épidémie liée à ce métal. "Depuis 2021, Santé publique France a mis en lumière le lien inquiétant entre la hausse de la contamination par le cadmium et l’augmentation des cas de cancer du pancréas".
Avec un constat alarmant, Jean-François avertit : "En trois décennies, les cas de ce type de cancer ont quadruplé en France, et nous sommes trois à quatre fois plus exposés que nos voisins européens. Combien de morts encore pour que le gouvernement prenne des mesures ?"
Appliquer les recommandations de l'ANSES
Jean-François, désormais engagé dans cette lutte, explique l’importance de voir appliquées les recommandations de l'ANSES : "Nous devons établir un vrai seuil de 20 mg/kg de cadmium. C’est raisonnable et essentiel pour préserver la santé de la population française." Il ajoute que si les résultats de ses propres tests sont inférieurs aux seuils d’alerte, cela ne prouve pas qu’il n’y ait pas un risque sérieux.
Ce combat, plus personnel que jamais, est un appel à la mobilisation collective. "La pétition, c’est une manière d’entrer dans l’action," conclut-il, déterminé.







