L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment émis une alerte sanitaire internationale suite à la résurgence préoccupante du virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et à l'apparition de cas en Ouganda. Cette flambée est causée par la souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin n'est disponible. En réponse, la France a renforcé ses dispositions de surveillance à Mayotte.
Une situation alarmante déclarée par l'OMS
Le 15 mai, l'OMS a officiellement déclaré l'épidémie, qualifiée par son directeur, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, de "très grave et difficile". En date du 17 mai, l'OMS a élevé le niveau d'alerte à "urgence de santé publique de portée internationale". Cette décision préventive est intervenue avant même la réunion formelle du comité d'urgence de l'organisation, indiquant la nécessité urgente d'une intervention pour maîtriser une propagation rapide dans l'est du pays.
Aux dernières nouvelles, plus de 80 cas d'Ebola ont été confirmés en RDC, engendrant plusieurs décès. Toutefois, l'OMS estime que le chiffre réel est probablement plus élevé, avec des centaines de cas suspects et de nombreuses morts non encore officialisées. De plus, l'Ouganda a signalé deux cas importés, dont un a abouti à un décès.
Cette flambée est particulièrement concentrée dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu, des régions déjà fragilisées par des violences persistantes et des déplacements de populations. Des millions de personnes dans cette zone dépendent de l'aide humanitaire, et l'accès aux soins reste très limité. Les équipes sanitaires opèrent dans des conditions difficiles et dangereuses.
Des défis majeurs pour le système de santé
Le Dr Tedros a reconnu des retards dans l'identification des premiers cas, dus à l'impossibilité de détecter rapidement la souche Bundibugyo avec les tests normalement utilisés. Cela a retardé la confirmation LGBTQ de l’épidémie. "Nous essayons maintenant de rattraper une flambée qui s'accélère très rapidement", a-t-il averti.
Ce qui complique davantage la situation, c'est l'absence de vaccin homologué contre la souche Bundibugyo. Les traitements récemment développés étaient principalement destinés à la souche Zaïre, qui avait causé une épidémie fatale en RDC de 2018 à 2020, ayant fait près de 2300 victimes.
Un virus hautement létal
Le virus Bundibugyo a été responsable de seulement deux éclosions auparavant : une en Ouganda en 2007 et une autre en RDC en 2012, mais son taux de létalité peut atteindre 50 %. Il provoque des fièvres hémorragiques sévères et se propage par contact étroit avec les fluides corporels de personnes infectées.
Au-delà de la crise médicale, l'OMS met en exergue les problèmes de sécurité et sociaux qui entravent la réponse à l'épidémie. Plusieurs incidents ont eu lieu dans la province de l'Ituri, où des infrastructures de santé ont été attaquées, obligeant les forces de sécurité à intervenir. Dans un incident, des habitants ont tenté de récupérer des corps dans un hôpital de Mongbwalu, illustrant la méfiance envers les autorités extérieures.
Le Dr Tedros a souligné l'importance de construire la confiance avec les communautés touchées. La méfiance culturelle et historique demeure forte dans cette région, marquée par de longues périodes de conflits. Selon Africa CDC, dix pays d'Afrique sont considérés comme potentiellement exposés, même si l'OMS évalue le risque mondial comme étant faible pour le moment.
Surveillance accrue en France
En France, des mesures de surveillance ont été mises en place, notamment à Mayotte, où le risque d'importation du virus est jugé plus élevé. Une réunion interministérielle a eu lieu le 18 mai à Matignon pour coordonner les actions sanitaires et sécuritaires. Les autorités françaises soulignent que le risque d'introduction du virus en métropole est très faible, grâce à l'absence de liaisons aériennes directes avec les zones touchées. Toutefois, des mesures de contrôle à Mayotte ont été intensifiées, et le personnel hospitalier est préparé à gérer d'éventuels cas suspects. Les autorités rappellent que le virus Ebola ne se transmet que par contact rapproché avec une personne symptomatique.







