Une annonce qui a suscité des réactions mitigées : Totalenergies a récemment prolongé le plafonnement de ses prix à 1,99 euro par litre d'essence. Bien que cela ravisse de nombreux automobilistes, les stations-service indépendantes en pâtissent sérieusement. Selon le directeur marketing de Totalenergies, Guillaume Larroque, ce plafonnement serait un succès sans précédent, avec une augmentation notable des ventes. Cependant, pour des acteurs comme Guillaume Tassié, gérant d'une petite station à Bourdeaux dans la Drôme, la réalité est tout autre.
"J'ai eu 50% de ventes en moins depuis le début de la crise"
Cette crise, exacerbée par la guerre en cours au Moyen-Orient, a causé une chute alarmante des volumes vendus. Les petites stations, souvent isolées, ne peuvent rivaliser avec les prix agressifs des grands distributeurs qui, avec leurs dix pompes, réalisent des bénéfices conséquents même avec une marge de seulement quelques centimes. Tassié explique que, malgré une marge plus élevée au litre, ses faibles volumes rendent sa situation intenable.
Les données de Mobilians, le syndicat professionnel, révèlent que 43% des stations traditionnelles ont observé une baisse des ventes en avril, tandis que celles sous l'enseigne Totalenergies ont prospéré grâce au plafonnement de leurs tarifs. Les petites stations, quant à elles, continuent de voir leurs chiffres se détériorer.
Il convient également de souligner que la fermeture de ces petites stations a des répercussions sur l'accessibilité du carburant dans les zones rurales. En effet, entre 1980 et 2025, le nombre de stations-service a chuté de plus de 39 000 à environ 5 500, comme le souligne une étude menée par Mobilians et l'Union française des industries pétrolières.
"Demain, s'il n'y a plus de carburants ici, les habitants de Bourdeaux devront faire des trajets plus longs pour en trouver"
Face à cette situation critique, Mobilians a appelé à la création d'un fonds d'aide à la diversification pour soutenir les stations-service indépendantes. Bien que Totalenergies ait récemment ouvert plus de 30 stations rurales, ce n'est pas suffisant pour inverser la tendance.
"Nous risquons d'avoir des zones blanches d'approvisionnement en carburants"
La survie de ces petites stations est donc plus que jamais en jeu, poussant un nombre croissant d'entre elles vers la faillite. Les grands distributeurs, en pratiquant ces tarifs attractifs, contribuent ainsi à l'érosion de l'accès au carburant dans les zones isolées.







