L'association Alsace Nature réaffirme son opposition face à la construction d'un futur data center de Microsoft dans la commune de Petit-Landau, non loin de Mulhouse. Ce projet, dont le coût est estimé à 2 milliards d'euros, doit s'installer sur des terres agricoles, ce qui suscite des préoccupations environnementales significatives.
Lors d'une conférence de presse organisée ce mercredi, l'association a détaillé ses inquiétudes, principalement centrées sur la consommation électrique massive que représenterait ce site. Selon Alsace Nature, le data center pourrait consommer jusqu'à 80 % de l'électricité annuelle du Haut-Rhin. Michèle Grosjean, la présidente de l'association, a soulevé la question cruciale de l'origine de cette énergie : "En principe, il la cherche en proximité du secteur concerné. On peut supposer que les centrales hydrauliques sur le Rhin, plutôt que de servir à la population locale, vont servir à Microsoft."
Une chaleur supplémentaire préoccupante
Une autre source d'inquiétude émane de la chaleur générée par ce centre. Alsace Nature avertit que cette chaleur, loin d'être utilisée à des fins constructives pour les collectivités locales, engendrerait un dôme de chaleur pouvant augmenter les températures locales de 2 à 3 degrés. Michèle Grosjean précise encore : "Cette chaleur va partir dans les airs, créant une différence significative pour les habitants et l'écosystème environnant." L'association déplore donc le manque de profondeur dans les réflexions sur la récupération de cette chaleur pour des usages locaux.
Les travaux pour cette structure de grande envergure devraient débuter au début de l'année 2027, avec une mise en service progressif prévue jusqu’en 2032. Le projet est actuellement soumis à une enquête publique qui se déroule jusqu'au 3 juillet, permettant ainsi à la population de s'exprimer sur un sujet qui les concerne directement. Il s'agit d'un véritable test de conscience écologique, alors que plusieurs acteurs locaux expriment leurs préoccupations face à ce développement.
Il est essentiel de se demander si cette impulse d'innovation technologique, souvent synonyme de progrès, est réellement compatible avec les impératifs environnementaux de notre époque. Dans ce contexte, des experts en développement durable, comme ceux de la ADEME, insistent sur la nécessité de penser l'impact écologique dès le départ de tels projets.







