Dans le cadre des négociations commerciales au sein de l'Union européenne (UE), la question de la langue de travail fait débat. Plusieurs pays, à l'instar de ceux du Nord de l'Europe, privilégient l'usage de l'anglais pour rendre les discussions plus efficaces. Maroš Šefčovič, commissaire européen au Commerce, a déclaré dans le Financial Times: "Des retards dans le processus décisionnel peuvent engendrer des pertes financières inacceptables dans le contexte économique mondial actuel".
Pourtant, cette position n'est pas acceptée par tous. Jean-Marc Ayrault, ancien ministre des Affaires étrangères, souligne : "C’est une question de Constitution française. La France ne peut être liée par un texte qui n’est pas rédigé en français, ni s’y engager". En effet, la France et l'Italie s'opposent à une hégémonie de l'anglais, dans un contexte où l'Union européenne offre une richesse linguistique unique avec ses 24 langues officielles.
L'UE prône le multilinguisme avec 24 langues officielles
L'article 22 de la Charte des droits fondamentaux de l'UE mentionne que tout citoyen a le droit de communiquer dans l'une des langues officielles de l'Union. Ce principe est souvent mis en avant pour défendre le multilinguisme au sein de l'UE, même après le Brexit, où l'anglais demeure langue de travail, notamment dans des pays comme Malte et l'Irlande.
La question se pose donc de savoir si l'efficacité doit primer sur la diversité linguistique. Un porte-parole de l'UE a rappelé que, même si une seule langue peut être utilisée lors de discussions, cela ne signifie en aucun cas que l'accord final sera rédigé uniquement en cette langue. La traduction intégrale dans les 24 langues officielles reste une obligation.
L’avenir du multilinguisme dans l’UE est donc au cœur des préoccupations des États membres qui, comme la France et l’Italie, cherchent à préserver cette richesse culturelle contre la tendance à l’anglicisation des débats politiques.







